Katerine-Raphaël, postures et imposture

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Publié le 27 septembre 2010.

MUSIQUE - Les deux artistes français sortent leurs nouveaux albums. L'un, loufoque, l'autre, sérieux...

Difficile de trouver deux artistes plus éloignés. D'un côté, Katerine, chanteur frappadingue révélé au grand public avec le tube «Louxor, j'adore» (« Et je coupe le son… Et je remets le son ! »). De l'autre, Raphaël, qui a écoulé deux millions d'exemplaires de son album Caravane (2005). Les deux Français se sont créés une image sophistiquée : le naïf iconoclaste, le poète maudit. Deux postures risquées, déclinées sur de nouveaux albums. Alors, ça passe ou ça casse ?

Le contexte. Cinq ans après l'électro-dinguo Robots après tout, Katerine livre vingt-quatre nouveaux titres déjantés aux gimmicks répétitifs dans un opus dont le titre révèle son vrai prénom, Philippe Katerine. Avec Pacific 231, le toujours torturé Raphaël cherche à rebondir après l'échec de son précédent album, Je sais que la Terre est plate.

La photo de la pochette. Katerine pose avec ses parents (qui chantent aussi sur un titre) devant l'objectif d'un photographe du studio PhotoBoom de Chantonnay, village natal du chanteur. Raphaël a lui obtenu une séance avec Peter Lindber­gh, légendaire photographe de mode allemand. Esthétique kitsch flirtant avec la condescendance pour l'un, crédibilité modasse et toc pour l'autre.

La musique. Katerine n'est pas un grand musicien, mais il sait inventer des mélodies qui restent en tête. Il s'amuse ainsi avec la devise de la République française (« Liberté, mon cul/égalité, mon cul/fraternité, mon cul ») ou la petite musique qui accompagne l'allumage des PC et en fait des chansons adorables. L'album de Raphaël, au contraire, déborde de cordes, de guitares rock ou blues, de rythmes venus d'un peu partout. En élève trop appliqué, il imprime une référence musicale à chaque titre.

La poésie. La loufoquerie n'exclut pas la tendresse et la grâce, que Katerine glisse au détour de ses chansons-gag. Raphaël alterne, lui, chansons d'amours douloureuses et titres prétendument engagés, où la faiblesse de sa plume est criante.

Le clip. Katerine a réuni 500 figurants et autant de bananes sur une plage vendéenne pour le clip de La Banane. Amusant sans plus. Raphaël a lui provoqué une micropolémique avec le clip de Bar de l'hôtel, meilleure chanson de l'album, jugé trop violent par certaines chaînes de télé et diffusé après minuit. La vidéo, réalisée par Olivier Dahan (La Môme), suit l'enlèvement d'une jeune femme.

Le bilan. Katerine invente un genre en même temps que son personnage de Pierrot obscène. Ses chansonnettes amusent et agacent. Comme du poivre. Les chansons de Raphaël, quand elles ne sombrent pas dans le grand guignol, manquent, elles, cruellement de sel.

Benjamin Chapon
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