Le nouveau challenge d'Ellen MacArthur

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Publié le 9 septembre 2010.

PLANETE - La jeune navigatrice délaisse les bateaux pour le développement durable...

«C’est la chose la plus excitante que j’ai fait de ma vie». Depuis le 2 septembre, date du lancement de sa fondation, Ellen MacArthur sillonne l’Angleterre pour présenter son nouveau challenge: bâtir un avenir durable en apprenant aux enfants, dès l’école primaire, à penser différemment. De passage à Paris, l’ancienne navigatrice déploie toute son énergie pour expliquer comment elle espère faire changer le monde grâce à l’économie circulaire et l’éco-conception.

Une nouvelle aventure «sans ligne d’arrivée»

«Quand on est sur un bateau, on comprend vraiment la notion de limite»: Ellen MacArthur se souvient de ses jours en mer où elle devait gérer au mieux ses réserves de nourriture et d’eau pour tenir pendant toute la durée de la course. Le parallèle avec les ressources limitées de la planète se fait naturellement pour la jeune Anglaise: «On en a encore pour quarante ans de pétrole, mais quarante ans, c’est dans ma vie! Comment on fait après?». Il y a quatre ans, Ellen MacArthur a donc laissé ses bateaux derrière elle pour s’engager dans cette «nouvelle aventure sans ligne d’arrivée».

Son credo: l’économie circulaire et l’éco-conception, cette manière de concevoir des produits en pensant dès leur naissance à ce qu’ils deviendront lorsqu’ils seront en fin de vie. Le but, c’est de rendre le produit non pas recyclable mais réutilisable, transformable, voire de ne plus vendre un produit mais un service, en basant les prix sur l’utilité plutôt que sur les coûts de fabrication. «On veut des frigos ou on veut de la nourriture fraîche?», questionne Ellen MacArthur, soulignant un des slogans de sa fondation: «Assume nothing, question everything» (ne prend rien pour acquis, remet tout en question).

Des programmes scolaires pour penser autrement

Financée par plusieurs grands groupes industriels qui sont «en train de changer», la fondation Ellen Mac Arthur travaille avec les éditeurs de manuels scolaires et l’Education nationale britanniques: dès cette rentrée, ce sont 25 à 30% des écoliers anglais, de sept à dix-neuf ans, qui suivront les 27 heures de cours sur le développement durable élaborés par la fondation.

Les enseignements se basent sur l’étude des meilleures initiatives émanant des entreprises, et des ateliers pratiques seront organisés: mis devant une problématique réelle proposée par une entreprise, les jeunes devront trouver des manières innovantes de concevoir les produits. Les meilleures idées seront récompensées par un stage au sein de l’entreprise concernée. La création d’un diplôme universitaire spécialisé dans l’éco-conception est également en projet.

Pour l’instant, aucun partenariat avec l’Education nationale française n’est prévu, mais Ellen MacArthur mise sur le Web pour diffuser les documents de la fondation à travers le monde: on peut déjà télécharger, sur le site de la fondation, un ouvrage sur l’éducation au développement durable.

«Utiliser sans épuiser»

Passionnée et convaincue, Ellen MacArthur croit dur comme fer à sa mission: faire comprendre aux entreprises qu’on peut «utiliser sans épuiser» les ressources naturelles, et «former une génération entière à penser différemment». Et à ceux qui pensent que ce n’est pas possible, elle raconte l’histoire de son arrière grand-père, mineur, né il y a 120 ans, à une époque où il n’y avait que 25 voitures dans le monde: «Tout a changé depuis».

Audrey Chauvet
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