Impossible de rester insensible aux succès des nageurs et athlètes quand on appartient à la famille des sports olympiques. Christophe Guénot, l’aîné de la fratrie dorée de la lutte, compte bien marcher sur les pas de ses copains de l’Insep, mercredi, lors de son entrée en lice aux championnats du monde de Moscou…
Comment abordez-vous ces championnats du monde?
Je me sens bien. Il faudra voir le tirage au sort, mais sinon, j’ai de bonnes ambitions ici. Je vais tout donner, quoi qu’il se passe. D’une année sur l’autre, tout peut changer. On travaille des choses nouvelles, sachant que l’objectif ultime reste les Jeux, dans deux ans.
N’avez-vous pas été affecté par la déception de Steeve, «seulement» 5e mardi, et fou de rage à sa sortie du tapis?
En fait, j’ai juste regardé son premier combat. L’Ukrainien contre lequel il perd est un vrai client. Je n’ai pas vu la suite. Je ne pouvais pas me permettre de le regarder dans les gradins toute la journée. Ça me stresse et me fatigue inutilement. Je perds de l’influx. Je préférais me reposer et aller perdre mon poids.
Comment perd-t-on les derniers kilos à 24h de la compétition?
Je fais trente minutes de fitness à l’hôtel et si il me reste quelques grammes, je les perd au sauna. Comme ça, je n’ai pas trop besoin de me «tirer la gueule» comme on dit. J’ai perdu 8kg en tout quand même. Au fil des années, je m’y fait. Je sais comment m’y prendre.
Avec Steeve, fonctionnez-vous encore de façon fusionnelle. Vivez-vous toujours ensemble?
Non, non, lui s’est mis en colocation avec un copain lutteur. Et moi, j’habite avec ma copine depuis les Jeux. C’est un peu moins le bazar à la maison… Mais ça ne change rien à nos habitudes. On est en stage 100 jours par an, où on fait chambre commune. On se voit tous les jours. On est toujours complices, comme avant. Et puis on habite à 500m l’un de l’autre à Bagnolet.
L’après JO a été un peu difficile moralement pour vous, comment vous êtes-vous remotivé?
Je me suis remis dans le bain. Je m’étais fait opérer de l’épaule en fait. On a reçu beaucoup de sollicitations et avec l’effet de l’anesthésie, cela m’a fatigué. J’aurais préféré avoir du repos, mais on n’a pas pu partir en vacances tout de suite. Maintenant, je suis bien, je suis à nouveau bien dans ma tête. La motivation est là. Je n’ai pas pensé à arrêter, sauf après les Jeux de Londres, dans deux ans.
Avez-vous été surpris de la dynamique insufflée par Ghani Yalouz (ancien lutteur désormais DTN de l’athlétisme) cet été avec les athlètes?
Je ne pensais pas que ça se ferait aussi vite. Ghani était déjà très proche de nous, il l’est aussi avec les athlètes. Ça a marché. Il est toujours sur le terrain, individualise beaucoup en fonction de chacun. Il cerne bien les gens.
La vague de succès des nageurs et athlètes peut-elle vous booster?
C’est clair. Leurs succès nous boostent. A part le football… On a envie de faire aussi bien qu’eux. On voit que la France est une grande nation de sport. On se dit, pourquoi pas en lutte? On l’a déjà prouvé avant. Il n’y a pas de raison. On sait qu’on peut gagner des médailles à chaque championnat.