Nicolas de Tavernost: «A Bordeaux on est trop gentil»

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Publié le 30 août 2010.

FOOTBALL - Le président du directoire de M6 tape du poing sur la table à propos des Girondins de Bordeaux...

Nicolas de Tavernost trouve les Girondins de Bordeaux trop gentils en affaire. Et il l'a fait savoir lors d'un point-presse à Bordeaux au lendemain du nul face à l'OM dimanche soir. 

Quel sentiment vous habite après le début de saison mitigé des Girondins de Bordeaux?

Après les deux premières défaites de rang, j’ai eu peur. Incontestablement il y avait besoin de changements dans cette équipe pour retrouver un moral de combattant. J’espère qu’il revient. A en juger par le match à Paris et celui d’hier soir [dimanche] contre l’OM, il me semble. Tout ça demande maintenant à être confirmé. Il faut rester vigilant, même si sur l’état d’esprit on a été rassuré.

Craigniez-vous de revivre le scénario catastrophe de l’an passé?

Cette fin de championnat a été cauchemardesque. Je ne souhaite à personne de connaître ça. Je pense que les nombreuses incertitudes personnelles ont pesé lourd. Un mécanisme s’est cassé au point de finir dernier de la phase retour, après avoir été champion d’automne. A ma connaissance, c’est quelque chose d’unique dans les annales du football. On ne veut pas revivre ça... Peut-être qu’à Bordeaux on est trop gentil. On a pensé par exemple que le cas Chamakh se réglerait tout seul.

Ce transfert, duquel Bordeaux n’a tiré aucun bénéfice, est-il l’un de vos plus gros regrets?

J’assume totalement le cas Chamakh.On s’est collectivement trompé, il aurait fallu faire différemment. Mais on progresse grâce à nos erreurs. Ce cas a été mal réglé. On a pensé que ce joueur formé au club prolongerait son contrat pour ensuite être transféré, comme cela a été le cas pour Briand à Rennes [recruté par Lyon] ou Cavenaghi chez nous [le joueur a prolongé de partir en prêt avec option d’achat à Majorque]. Mais cela ne l’a pas été avec Marouane Chamakh. C’est dommage, parce qu’en plus on a perdu du temps.

Qu’en-est-il du cas Yoann Gourcuff?

Nous nous étions mis d’accord, Jean-Tigana, Jean-Louis Triaud et moi-même, pour savoir dans quelles conditions il était transférable et dans quelles conditions il ne l’était pas.

A l’arrivée, vous êtes donc satisfait?

Comme j’y ai pris une part active, si je ne l’étais pas je ne pourrais m’en prendre qu’à moi-même! Sur le principe, on a obtenu ce que je souhaitais. Nous avions fixé une clause libératoire à 26 millions d’euros. On est parvenu à les obtenir, certes pas en une seule fois. Il s’agit du plus gros transfert en Europe. Même si nous souhaitions le conserver,  si nous étions prêts à l’assumer, je pense que le laisser partir a été une sage décision à partir du moment où le joueur en a manifesté le souhait. Mais on n’aurait pas obtenu ce prix là, il serait resté.

Ce transfert renfloue les caisses du club qui avait estimé un déficit prévisionnel de 15 millions d’euros...

En effet, cela va nous permettre de passer la saison et le budget 2010/2011 devrait être équilibré. C’est un objectif que nous nous fixons. Les clubs sont des entreprises et n’ont donc pas vocation à être déficitaires.

Peut-on s’attendre à d’autres transferts d’ici la fin du mercato?

Si on ne m’a rien caché, non.

 Quelles sont vos ambitions pour le futur du club?

Le train de vie à Bordeaux est important et la masse salariale comparable à celle d’un club de Ligue des champions. L’objectif est donc d’y figurer au moins deux ans sur trois. Il faut être régulier dans le haut de tableau. L’an dernier, on avait tous les ingrédients pour y figurer et on n’y est pas parvenu. Cela reste encore aujourd’hui une énigme... Mais il faut continuer à reconstruire.

Recueilli par Lauren Horky
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