Eleveurs ovins: Nicolas Sarkozy autorise les «tirs de prélèvement» sur les loups

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Publié le 27 août 2010.

PLANETE - Il s'agit d'une procédure très encadrée...

En visite ce vendredi dans les Alpes-de-Haute-Provence, Nicolas Sarkozy a promis aux éleveurs ovins du département un arrêté préfectoral autorisant des «tirs de prélèvements» dans les zones où leurs troupeaux sont menacés par les loups, ainsi qu'une formation à la chasse.

Ces tirs seront réalisés après accord du préfet et sous le contrôle de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage.

Formation accélérée à la chasse pour les éleveurs

«J'ai demandé au préfet de prendre sous huit jours (...) un arrêté préfectoral permettant d'engager un tir de prélèvement du loup pour les zones du département où l'attaque du loup relève d'une intensité exceptionnelle», a indiqué Nicolas Sarkozy lors de sa visite à Noyers-sur-Jabron (Alpes-de-Haute-Provence).

«Nous allons, avec des financements de l'Etat, mettre en place des périodes de formation accélérée au permis de chasser à destination des bergers et des éleveurs», a-t-il ajouté lors d'une table ronde sur les problèmes de l'élevage ovin en montagne. «Avec ces deux mesures, vous allez pouvoir accélérer la protection de vos troupeaux», a jugé le chef de l'Etat, écartant l'idée de «dérogations» aux lois et conventions internationales qui font du loup une espèce protégée. «Le loup (...) est devenu un problème majeur pour les traditions pastorales» mais c’est «une espèce strictement protégée», a-t-il rappelé.

Le loup «nargue» les éleveurs

Les éleveurs, subventionnés par l'Etat pour un montant annuel de 5,2 millions d'euros, ont déjà des moyens de se protéger du loup: clôture électrifiée, présence d'un berger jour et nuit, chiens «patous». Mais ce dispositif semble être devenu «inefficace» face à la capacité d'adaptation de cet animal très malin, selon Sylvie Metery, responsable d'une exploitation à Montagnac: «Il nous nargue! Les tirs d'effarouchement ne l'effarouchent plus».

Quant aux tirs de défense, éventuellement mortels, ils n'ont en fait qu'un pouvoir de dissuasion, dit-elle. Les éleveurs ont donc demandé de pouvoir abattre les loups dans le cas de tirs dits de «prélèvement», une procédure actuellement très encadrée. Pour la période 2010/2011, six tirs de ce type ont été autorisés, mais depuis 2004, seuls cinq prédateurs ont été tués.

Cohabitation houleuse

Depuis le retour du loup en France en 1992, la cohabitation avec les éleveurs de moutons est houleuse. Selon le président de l'association de défense des traditions pastorales, plus de cent attaques de loups ont été recensées dans les Alpes-de-Haute-Provence depuis le début de l'année, provoquant la mort de plus de 300 bêtes.

«Les cadavres retrouvés sont bien indemnisés, mais pour une attaque, on a vingt avortements derrière» en raison du stress engendré, déplore Benoît Ferrari, membre des Jeunes agriculteurs, qui dit dormir «quatre mois de l'année dans une caravane à 1.500 m d'altitude, avec son fusil» pour protéger ses bêtes.

Le loup gagne du terrain

L'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) recense 220 loups sur l'ensemble du territoire français, essentiellement sur l'arc alpin, mais aussi dans le Massif central et les Pyrénées. Cette espèce protégée «progresse de 15 à 20% par an et étend sa zone géographique de présence» vers la moyenne montagne, explique Christophe Duchamp, responsable du réseau loup à l'ONCFS.

S'il se nourrit à 80% de proies sauvages (chevreuil, chamois...), le loup jette aussi son dévolu sur les proies domestiques, plus faciles à capturer, notamment pendant la période estivale quand les bêtes montent en alpage.

A.C. avec AFP
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