Scott Milam: «Le comics peut être une porte d'entrée vers Hollywood»

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Publié le 18 août 2010.

INTERVIEW – Scott Milam, jeune scénariste hollywoodien, s'essaie au comics pour la première fois avec «Killing Machine»...

 De notre correspondant à Los Angeles

Scott Milam a des idées plein la tête. S'il commence à se faire un nom à Hollywood –il a notamment signé le scénario de Mother's Day, un film d
e genre réalisé par Darren Lynn Bousman, réalisateur de Saw II– il rêve surtout de porter lui-même un de ses projets au grand écran. Mais face aux obstacles qui jonchent la route de tout jeune scénariste, il tente une incursion dans le monde de la bande dessinée avec Killing Machine (éditions Arcana, dessins de Kenneth Loh). Rencontre, à l'occasion du Comic Con de San Diego...


Dans Killing Machine Machine, pas de super héros en costume moulant?
Pas vraiment. Le monde des comics est plus vaste que cela. Dans Killing Machine, le héros est un agent secret qui combat le crime au sein d'un groupe international, jusqu'à ce que sa couverture soit grillée. Laissé pour mort, démembré, il est sauvé in-extremis par une mystérieuse brigade et transformé en super soldat grâce à une technologie extraterrestre. Évidemment, il va tenter de se venger

A la base, l'imaginiez-vous en comics ou au cinéma?
Plutôt sur un écran de 10 mètres de haut. Mais disposer de 200 millions de dollars, c'est plus simple quand on s'appelle Christopher Nolan (le réalisateur des deux derniers Batman et d'Inception, ndr). Finalement, l'idée du comics s'est imposée naturellement: on peut laisser libre cours à son imagination, sans censure ni limite budgétaire. Et surtout, à la fin, on dispose d'un produit fini, visuel. On peut plus facilement taper dans l'oeil d'un studio qu'avec un simple script.

Quand Killing Machine germe dans votre tête, vous imaginez immédiatement le découpage en séquences cinématographiques?
Oui et non. La BD, avec ses cases, se rapproche des storyboards employés par les cinéastes. On acquiert donc ce découpage mental. Malgré tout, les structures narratives diffèrent. Au cinéma, on dispose souvent de bien moins de scènes, et il faut tout condenser. La profondeur des personnages s'en trouve souvent sacrifiée.

Spider-Man, X-Men, Les 4 Fantastiques, Batman, Iron-Man... Depuis 10 ans, Hollywood pioche avec avidité du côté des comics. Jusqu'à l'overdose?
Parfois, c'est par facilité. Adapter un comics populaire, c'est s'assurer un certain succès grâce à une base de fans bien établie. Après, un simple copié-collé ne passe pas toujours. On peut vite obtenir un résultat visuellement kitsch.

Quelle adaptation est la plus réussie de cette décennie?
Pour moi, Iron-Man, qui a su adapter son ton pour tirer parti du talent de Robert Downey Jr. Batman: The Dark Knight, aussi, qui malgré quelques longueurs, s'est réconcilié avec la noirceur de Gotham City, avec un Heath Ledger fantastique en Joker.

Et les plus ratées?
Pour faire polémique, Spider-Man. Sam Raimi est un vrai fan, et c'est toujours un plus. Mais il a fait de Peter Parker/Spider-Man un héros donneur de leçon qui se prend un peu trop au sérieux. Un peu plus de légèreté n'aurait pas fait de mal au film.

Propos recueillis par Philippe Berry
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