Sébastien Rouault : «Mon entraînement varie entre 16 et 18 kilomètres par jour»

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Publié le 18 août 2010.

NATATION - Le double champion d'Europe du 800 et 1.500m a aussi son mot à dire sur le phénomène Camille Lacourt...

Sébastien Rouault aime autant parler que s’entraîner. Deux fois sacré lors des championnats d’Europe à Budapest, le Francilien (entraîné par Lionel Horter à Mulhouse) a pris le temps d’évoquer pour 20minutes.fr ce qui peut bien pousser quelqu’un à nager des kilomètres et des kilomètres tous les jours. A 24 ans, il porte un regard lucide sur son sport et sur certains de ses acteurs (comme Philippe Lucas).  
 
Faut-il forcément aimer souffrir pour devenir un nageur de 800 ou 1.500m?
 
En sport, il faut aimer souffrir et vouloir dépasser ses limites. Sur un 1.500m, il ne faut pas avoir peur de se rentrer dedans. Sur ma finale à Budapest, je commence à avoir mal après 700 ou 800 mètres. Et je ne parle même pas des 200 derniers, où c’est plus une bataille contre soi-même que face aux autres… C’est ingrat si on réfléchit en termes de reconnaissance médiatique, mais pas sur un plan personnel. On s’entraîne tellement qu’à la fin d’une course, quoi qu’il arrive, on se sent bien et content de ce qu’on a accompli.
 
A quoi ressemble l’entraînement quotidien d’un nageur de fond?
 
En termes de kilométrage, mon entraînement varie entre 16 et 18 kilomètres par jour. Et on a le temps de faire plein de choses lors de ces 18 kilomètres (rires). Je tourne à une moyenne de quatre kilomètres par heures. L’entraînement est très fractionné pour arriver à avaler ces distances, ça peut aller à des séries de cent fois 50 mètres à six fois un kilomètre. Les nageurs de demi-fond ont d’ailleurs tendance à s’arrêter plus tôt à cause de la lassitude. Quand la tête lâche, on passe à autre chose.
 
Qu’avez-vous retenu de votre passage par une université américaine (à Athens, en Géorgie)?
 
Aux Etats-Unis, il y a deux phrases qui résument tout: «Ne jamais laisser tomber» et «Tout est possible». Je crois que cette mentalité est maintenant ancrée en équipe de France, quand on voit des Bousquet, Duboscq ou Lacourt. Ils sont tous persuadés de pouvoir gagner et ne lâchent rien. C’est cette mentalité qui fait parfois la différence entre une 4ème place et un podium. Mais le plus important, c’est de comprendre ce que tu fais à l’entraînement. Si tu ne prends pas conscience de pourquoi tu t’entraînes, de ce qui fait que tu as des résultats ou pas, tu ne peux pas progresser.
 
Lorsque vous avez eu Philippe Lucas comme entraîneur en 2009, vous ne compreniez peut-être pas où il voulait en venir…

 
Philippe fait beaucoup nager, mais c’est un peu un mythe que de dire qu’on s’entraîne plus avec lui qu’avec d’autres. Il y a juste une manière de le faire et de parler à ses nageurs. C’est plus ça qui m’a dérangé chez lui. Je le savais, mais je me fais toujours un jugement en côtoyant les gens. Je n’ai pas une mauvaise opinion de lui, c’est juste que je ne sentais pas ce couple d’entraîneur-entraîné avec lui.
 
Financièrement, est-ce que ces deux titres vont changer beaucoup de choses pour vous?

 
Il faut déjà savoir qu’à part quatre ou cinq sports comme le golf, le tennis ou le foot, les sportifs ne gagnent pas tant d’argent que ça. L’argent, on en a besoin pour vivre, mais on nage d’abord parce qu’on aime notre sport et qu’on vit de grands moments. Les parents ne mettent leurs enfants à la natation avec l’espoir qu’ils puissent signer un contrat de plusieurs millions à 18 ans. J’espère quand même que mes deux titres vont me permettre de trouver un ou deux autres sponsors. Je vis bien de la natation, je ne peux pas mettre beaucoup d’argent de côté, mais je n’ai pas à me plaindre.
 
Un dernier mot sur Camille Lacourt. Comme vit-il son nouveau statut de sex-symbol?

 
C’est marrant parce qu’il n’arrivait jamais à avoir de copine avant. Non, je déconne. Il n’est pas plus dragueur qu’un autre. Il est assez amusé de tout ce qui se passe autour de lui. Il a pris conscience de ça quand il est passé à Télématin. La fille de la météo était dingue de lui. Lundi, à Roissy, c’était aussi impressionnant.

Propos recueillis par A.P.
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