Enfin l’issue de la pire marée noire des Etats-Unis? L’opération de BP pour cimenter le puits de la plateforme Deepwater, duquel se sont échappés 780 millions de litres de pétrole, devrait commencer mardi, a annoncé le groupe pétrolier. L’opération «static kill» consiste à injecter des liquides et des matières solides puis à cimenter le puits endommagé par l’explosion.
Si l’opération est un succès, les équipes de BP scelleront enfin le puits, qui ne fuit plus depuis mi-juillet grâce à la pose d’un entonnoir mais n’a pas encore été condamné de façon permanente. Bien qu’une initiative similaire ait échoué fin mai, les chances de réussite sont cette fois augmentées par l’arrêt de la fuite.
Les habitants des régions touchées, et en particulier les pêcheurs, craignent toutefois que la fin de la crise ne provoque un départ massif des responsables présents sur place. Dimanche, le directeur d’exploitation de BP, Doug Suttles, a assuré que le groupe pétrolier allait «rester là et faire le boulot jusqu’au bout».
Les Américains sont pressés de boucher définitivement le puits, notamment pour ne plus avoir recours aux dispersants dont l’impact sur l’environnement reste mal connu. Edward Markey, président d’une sous-commission sur l’Environnement à la Chambre des représentants, a dénoncé lundi sur CNN le fait que ces produits chimiques aient été utilisés en quantité plus importante qu’autorisé et «quasiment quotidiennement» alors que les autorités recommandaient un usage limité.
Selon BP et les autorités américaines, près de 7 millions de litres de dispersants ont été utilisés, mais Edward Markey estime que ce chiffre doit être «remis en question». Pour désamorcer la polémique, l’amiral Thad Allen, chargé de la lutte contre la marée noire par le gouvernement américain, a assuré que «les dispersants n’ont été utilisés que quand ils étaient nécessaires» et seulement sur ordre des autorités américaines, et non de BP.
Après avoir mené des tests sur les huit sortes de dispersants utilisés dans le Golfe du Mexique, l’Agence américaine de protection de l’environnement a indiqué que ce mélange ne s’était avéré «généralement pas plus toxique pour les espèces animales que le pétrole lui-même».