Ils sont l’attraction phare de Londres: les gardes de Buckingham, connus pour leur flegme et leur casque à poils, pourraient bientôt être recoiffés par Stella McCartney. Très engagée pour l’environnement et la protection des animaux, la styliste britannique a proposé au ministère de la Défense anglais de remplacer les casques ornés de vraie fourrure d’ours par des casques en fausse fourrure.
L’initiative a été lancée il y a quelques années par Peta, association de défense des droits des animaux. Stella McCartney a mis ses talents au service de la cause animale: il a fallu quatre ans pour créer un casque en fausse fourrure qui ait les mêmes qualités que la vraie. Des tests d’imperméabilité et d’aération ont été menés sur les casques synthétiques jusqu’à aboutir au modèle «Bear28», présenté la semaine dernière au ministère de la Défense.
Selon Dan Matthews, vice-président de Peta UK, tout le monde gagne à remplacer la vraie fourrure par du synthétique: les casques en fausse fourrure coûteront moins cher, seront plus légers et «les ours seront certainement plus heureux». Pour Stella McCartney, il est naturel que les gardes de la reine adoptent la fausse fourrure: «L’Angleterre a toujours eu beaucoup de respect pour les animaux, c’est donc parfaitement cohérent que le ministère de la Défense supprime les fourrures de ses uniformes».
Les fourrures actuellement utilisées viennent du Canada, où le gouvernement contrôle le nombre d’ours abattus pour conserver un nombre suffisant de spécimens. Les fourrures synthétiques sont elles fabriquées à partir de produits dérivés du pétrole. Peta estime toutefois qu’il faut 60 fois plus d’énergie pour produire un manteau de vraie fourrure qu’un manteau synthétique, et rappelle que les fermes d’élevage d’animaux polluent les cours d’eaux. Sans compter la souffrance des animaux.
Les casques en poil d’ours sont un vestige de la bataille de Waterloo, en 1815, pendant laquelle les soldats anglais l’emportèrent sur les troupes de Napoléon, vêtues de peaux d’ours. Les grenadiers avaient alors emporté les peaux en guise de butin de guerre. Utilisés lors des batailles pour donner aux soldats britanniques l’air plus grand, les casques en fourrure ne servent plus aujourd’hui que d’accessoire d’apparat.