Pourquoi le mercato d’été ne démarre pas?

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Publié le 27 juillet 2010.

FOOT - Le marché des transferts est au point mort cet été. Les raisons de cette morosité qui ne touche pas que la France...

Mercato morne plaine… Ouvert depuis le 8 juin, le marché des transferts ne décolle toujours pas. La saison dernière, les clubs de Ligue 1 avaient dépensé 238 millions d'euros pour renforcer leur équipe. Un an plus tard, la donne a bien changé et les gros coups (comme Lucho Gonzalez à Marseille ou Lisandro Lopez à Lyon) risquent de se faire attendre. Arrivé pour sept millions d’euros à Marseille, le latéral espagnol, Cesar Azpilicueta, reste le plus gros transfert de l’été. Tout est dit. «C’est toujours aussi mort, il n’y a pas de pognon», souffle Bruno Satin, agent de joueurs dépité comme pas mal de ses collègues.

«À moins d’avoir un président milliardaire…»

 Une explication revient inlassablement pour expliquer ce marché apathique: Les clubs veulent vendre avant d’acheter et cherchent à alléger leur masse salariale de 15 à 20% en moyenne. Animateur des derniers mercato à la tête de l’Olympique lyonnais, Jean-Michel Aulas avait déjà averti en mai que le football entrait «dans une zone de turbulences» économiques. Entre la suppression du DIC et les doutes sur les renouvellements des droits télés à l’horizon 2012 (Canal + risque de se retrouver seul puisqu’Orange hésite à investir à nouveau sur la L1), les présidents regardent à la dépense. Tant pis pour les supporters toujours demandeurs de noms, les clubs privilégient les joueurs libres et préfèrent donner leur chance aux jeunes issus de leur centre de formation. A en croire certains agents, un cycle d’austérité s’annonce: «On est au début d’une période qui va traîner deux ou trois ans», prévient l’un d’entre eux.

La France n’est pas une exception. Un marché des transferts obéit comme tout circuit économique où il faut de l’argent pour activer la pompe, un rôle dévolu depuis une dizaine d’années aux clubs anglais et espagnols. Sauf que la crise est passée par là à calmer les cigales de la Liga et de la Premier League. L’époque où un club de seconde zone anglais venait faire ses emplettes en Ligue 1 les poches pleine est bien révolue. «A moins d’avoir un président milliardaire comme à Manchester City, personne n’a de liquidités pour recruter», observe Emmanuel Lacroix, agent de joueurs. 

Les clubs attendent le dernier moment


Pourtant, la plupart des agents sont persuadés de voir le marché s’animer dans la dernière ligne droite avant le 31 août (date de sa fermeture). «Les clubs attendent le dernier moment et que les prix baissent avant d’acheter, il faut peut-être qu’il y ait un ou deux gros transferts pour faire bouger les choses», observe Fabrice Mège. «Les clubs sont obligés de bouger, renchérit Emmanuel Lacroix. Certains ne sont pas du tout prêts et vont vraiment devoir recruter. Certaines équipes sont catastrophiques pour l’instant.»

Pour ces agents, les joueurs doivent aussi saisir que la donne économique a changé. «Il y aura toujours de l’argent pour les grands joueurs. En revanche, les moyens vont devoir se montrer plus raisonnables», note Fabrice Mège. Et quand on lui demande si les principaux intéressés sont prêts à quelques «sacrifices», Mège sourit et lâche: «Pour l’instant non. Mais, ils vont vite le comprendre.»

Alexandre Pedro
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