Ceux qui saturaient déjà vont être servis: Avatar, film d’anticipation écolo en 3D de James Cameron, plus gros succès de l’histoire du cinéma (2,7 milliards de dollars de recettes pour un budget de près de 300 millions de dollars), ressort en salles le 1er septembre prochain, à peine un an après sa sortie en salles.
Au menu de cette ressortie annoncée, Avatar Special Edition, un montage incluant «de nouvelles créatures et des scènes d’action jamais vues», promet James Cameron, soit… 8 minutes de film inédites.
Cette ressortie est prévue exclusivement en Digital 3D et Imax 3D: en clair, le spectateur devra payer plein pot. La machine marketing est parfaitement bien ficelée: dans la foulée de cette V 2 d’Avatar, la sortie du Blu-Ray collector est déjà prévue pour novembre. Là encore, le fan devra débourser plus que pour un DVD normal – Avatar était déjà sorti en DVD et en Blu-Ray en avril, mais sans aucun bonus. Et tant qu’à faire, fort de son succès, James Cameron prévoit une ressortie en salles de Titanic (son succès d’il y a dix ans) en version restaurée et 3D.
Encore faut-il que le public soit au rendez-vous. Car James Cameron, les studios 20th Century Fox et Lightstorm Entertainment (la société de production du réalisateur) partent d’un pari risqué, en misant sur l’existence d’une communauté de fans autour d’Avatar.
Les quelques films dont les réalisateurs ont tenté une ressortie en salles, agrémentés d’extraits inédits (le fameux «director’s cut») disposaient, eux, d’une communauté de fans. En le ressortant quelques années après, contrairement à Avatar.
Blade Runner, sorti en 1981, ressortait en 1992 en salles, puis en DVD, dans une version Blade Runner – The final cut. Le personnage principal, Rick Deckard, passe de simple policier humain dans la version initiale à un (possible) androïde dans la Director's Cut. Une ressortie auréolée de succès, parce que Blade Runner était déjà considéré comme un film-culte par les fans de science-fiction et de cyberculture.
Apocalypse now, sorti en 1979, ressorti en 2001 en version longue (Apocalypse Now Redux), avait lui aussi acquis entre le statut très enviable de film-culte, étant classé 28e du Top 100 de l’American Film Institute et ayant décroché la Palme d'or du Festival de Cannes.
De même, lorsque Luc Besson ressort Le Grand Bleu en version longue (50 minutes de plus!) en juin 1998, dix ans après sa première sortie, il est sûr d’attirer les fans de plongée et d’apnée.