Arbitrage vidéo: la parole est aux arbitres

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Publié le 28 juin 2010.

MONDIAL2010 - Troix voix de l’arbitrage s’expriment...

Il a donc suffi de deux erreurs d’arbitrage pour que l’éternel débat sur la vidéo enflamme ce mondial. Alors que la Fifa campe sur ses positions anti-vidéo, trois voix de l’arbitrage français participent au débat. Avec des opinions radicalement différentes.

Bertrand Layec, manager des arbitres de Ligue1 :

«Ma position est que l’interprétation de l’arbitre doit rester au cœur de la problématique de l’arbitrage. Plutôt que de parler de technologie, je préfère parler d’aide à la décision. La vidéo peut servir, ça peut être une réponse mais aussi une grosse source de discussions. Lors de France-Mexique, il a fallu 25 arrêts sur image pour être sûr que le crampon d’Abidal couvrait l’attaquant mexicain. Si on utilise systématiquement la vidéo, j’ai  peur que ça crée encore plus de polémique qu’aujourd’hui dans l’analyse des cas où la vidéo n’apporte pas de réponse. Car à la fin, c’est toujours l’humain qui prend la décision dans ces cas-là… Ce qui est sûr, c’est qu’avec la force de l’image et les milliers d’observateurs, de journalistes, l’arbitrage paraît de plus en plus inhumain et la vox populi ne l’accepte plus. A mon avis la solution passe par l’arbitrage à 5. Après la Ligue Europa, il va être mis en place en Ligue des champions et j’espère être testé lors de la Coupe de la Ligue. La présence d’un arbitre supplémentaire dans la surface aurait évitée les deux grosses polémiques qui ont fait trembler la planète foot ces 6 derniers mois : la main de Henry et le but anglais de dimanche.»

 

Alain Sars, arbitre international à la retraite:

«J’ai toujours été pour une utilisation rationnelle et modéré de la vidéo. Dimanche, la seule personne capable de valider le but anglais est la seule qui n’a pas d’aide technologique. Il faut utiliser la vidéo dans deux cas: pour savoir si le ballon a franchi la ligne de but et également pour déterminer si une faute sifflée par l’arbitre a eu lieu en dehors ou dans la surface. Mais l’interprétation du jeu doit rester une prérogative de l’arbitre, c’est lui qui doit dire s’il y a faute. Pour le reste des cas, ça fait parti des injustices acceptables. On a tous pris un but hors-jeu, on a tous encaissé des pénaltys qui n’en étaient pas. Il faut que l’on relativise et que l’on accepte les erreurs d’arbitrages.»

 

Joël Quiniou, arbitre international à la retraite:

 «A mon avis, le fait de dire que l’erreur d’arbitrage fait partie du jeu est une hérésie. On ne peut pas faire porter à un homme seul le poids de telles erreurs. Il faut que les arbitres puissent corriger leur décision dans un souci d’équité ou de sérénité. Car c’est impossible à un arbitre de rester dans son match après une polémique comme celles de dimanche. Utilisons donc la vidéo à chaque fois qu’un but est entaché d’une faute. On vit au troisième millénaire, on est basé sur une société de communication. On ne peut pas imaginer que les seules qui soient privés de tout ça soient ceux qui ont la décision la plus importante à prendre. Et puis quand on dit que la vidéo casserait les matchs, c’est faux. Lors du but de Fabiano ou de celui de Tevez, le match a mis 2 minutes 30 à reprendre alors qu’en deux secondes, tout le monde, les 80.000 spectateurs, les milliards de téléspectateurs, ont vu l’erreur de jugement. Je n’ai jamais dit que la vidéo réglerait tout mais dans des compétitions aussi importantes, on n’a pas le droit de créer des sentiments d’injustice aussi profonds.

Le ballon à puces

Testé en 2005 lors du championnat du monde des moins de 17 ans ou encore au championnat du monde des clubs en 2007, la ballon à puce n’a toujours pas convaincu la Fifa qui a abandonné son expérimentation. Grâce à une puce intégrée au ballon, cette technologie devrait permettre de déterminer si la sphère a franchi la ligne. «Pendant un tournoi de jeunes, l’arbitre avait une montre qui lui indiquait si le ballon avait franchi la ligne. Sauf qu’à chaque fois que le ballon ça passait  au-dessus de la barre transversale, ça validait le but…», témoigne Alain Sars. En janvier 2010, Sepp Blatter, président de la Fifa, a rejeté la vidéo mais a indiqué que si le ballon à puces faisait des progrès, il serait prêt à réfléchir à son utilisation.

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