Procès Kerviel : Suivez les plaidoiries des parties civiles en direct

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Publié le 23 juin 2010.

JUSTICE - L'ancien trader encourt jusqu'à 5 ans de prison...

 

16h58: L'audience est terminée pour aujourd'hui
Les différents avocats qui se sont succedé ont tous rappelé les agissements de Jérôme Kerviel. Ceux de la Société générale ont dit leur intention de réclamer des dommages à hauteur du préjudice subi: 4,9 milliards d'euros. Surtout, alors que la question du mobile n'a toujours pas trouvé de réponse, Me Veil a laissé entendre qu'il pensait que Jérôme Kerviel souffrait de problèmes psychologiques... Les avocats des parties civiles représentant des actionnaires et des salariés actionnaires ont aussi mis en cause la banque, qui n'a pas assez contrôlé son salarié.
Le compte-rendu des plaidoiries à venir dans quelques instants...

16h56: Un forfait par actionnaire
«Pourquoi la société ne serait pas responsable des agissements d'un de ses salariés», demande l'avocat. «Retenir la seule responsabilité pleine et entière de M. Kerviel, c'est un peu facile», reprend-il. C'est pourquoi l'avocat a mis en cause la Société générale. Il demande donc pour chaque actionnaire une réparation de 92 euros par action détenus, plus 10 euros de préjudice, plus un «forfait» de 2000 euros par actionnaire.

16h53: «Le dindon de la farce, c'est l'actionnaire»
«Le dindon de la farce, c'est l'actionnaire», continue Me Kanel-Canoy, rappelant que les cadres licenciés étaient partis avec une confortable indemnisation. Il demande réparation, d'environ 92 euros par action détenue. Il rappelle qu'il y a une class-action en cours aux Etats-Unis qui peut coûter cher à la banque.Et demande si «c'est normal que les actionnaires doivent aller aux Etats-Unis pour obtenir une réparation.»

16h50: «La responsabilité unique de M. Kerviel, c'est un leurre»
Le premier à avoir déposé plainte dans cette affaire, c'est l'un de ses clients, un petit porteur. Et ensuite, la banque «a pris le train en marche». «C'est une bizarrerie», dit-il. Me Kanel-Canoy fait un long développement sur la recevabilité de la constitution des parties civiles pour les petits actionnaires. Il rappelle que le titre a chuté entre janvier et décembre 2008 plus de 63% de sa valeur, rappelle-t-il, alors que le CAC 40 affichait une perte de 21%. «La découverte de cette perte a donc eu une incidence sur la valeur de l'action». Il ne croit pas «à la responsabilité unique de M. Kerviel, c'est un leurre», car c'est la faute d'un «système», assure-t-il, couplé à un contexte et des défaillances. Il rappelle d'ailleurs cette phrase de Daniel Bouton, mardi, devant le tribunal: «je comprends très vite qu'il y a eu des défaillances dans le contrôle».

16h39: Me Kanel-Canoy prend le relais, il représente des petits actionnaires

16h38: «sans les années Bouton, il n'y aurait pas eu de Jérôme Kerviel»
Me Richard pointe aussi la défense de la banque, «qui a évolué», comme celle de Kerviel. «La société générale a changé d'attitude», dit-il, en laissant les salariés se constituer partie civiles. «Est-ce le procès d'un homme ou d'un système», interroge l'avocat. «C'est le procès des deux, à l'évidence» car «sans les années Bouton, il n'y aurait pas eu de Jérôme Kerviel»

16h35: «Une certaine ambiance» où «l'argent est roi»
Et donc pour Me Richard, ce sont les salariés de cette «banque épicerie» qui ont subi le vrai «préjudice moral». Ce ne sont pas les traders, qui certes ont vu leur bonus fondre, mais qui a augmenté l'année d'après, ni les anciens supérieurs de Kerviel, qui sont partis avec des «transactions intéressantes». Bouton lui même est parti avec une «retraite dorée». Et les salariés, eux, n'ont rien eu, si ce n'est un guide anti-stress. Il n'y a qu'«un seul point commun, c'est la pression qui est mise sur eux». Me Richard veut décrire «une certaine ambiance» où «l'argent est roi». Il assure que les salariés de la banque qu'il défend se sentent plus proche de Jérôme Kerviel que des patrons de la banque. «La bataille de l'image a été largement perdu par la Société générale, faut le faire quand même»

16h30: «Un plomb a disjoncté, c'était Kerviel, ça aurait pu un autre»
Il demande au tribunal de prendre en compte la décision de la Commission bancaire, qui a condamné la Soc gen à une amende de 4 millions d'euros pour un défaut de contrôle suite à l'affaire Kerviel. Pour lui, il y a deux Société générale, la banque et la banque d'investissement, avec «de jeunes traders», «la race des seigneurs», qui ne pense qu'à «l'argent». Avec le salaire moyen d'un trader, dit-il, «on peut payer l'ensemble du gouvernement pendant un an». Ces chiffres, «ça donne le tournis» et donc forcément, des «des jeunes gens de 23 ans» peuvent perdre la tête. «Un plomb a disjoncté, malheureusement, c'était Kerviel, ça aurait pu un autre, ça pourrait être un autre» à l'avenir. Donc d'un côté, il y a la «banque casino» et de l'autre, «la banque épicerie», où l'argent coule au compte-goutte pour les salariés comme pour les clients.

16h24: «J'ai fait un rêve en forme de cauchemar»
«J'ai fait un rêve en forme de cauchemar, Jérôme Kerviel avait pris des positions de 490 milliards, là ça change tout, impossible de déboucler les positions, et ça aurait été la faillite, et en face de moi j'aurais aujourd'hui des liquidateurs», commence Me Daniel Richard, qui défend les parties civiles. Il rappelle que Kerviel signifie "chateau fort", et que ce chateau fort est «bien plus cadenassé que le coffre de la banque» puisqu'on n'a rien appris sur lui. En revanche, note l'avocat,«on a beaucoup appris sur la Société générale, et notamment qu'elle n'avait pas de général». Daniel Bouton, qui a témoigné mardi, ne devait en effet pas venir à l'audience. Et pourtant, l'ancien PDG «avait beaucoup de chose à dire». Me Daniel Richard est parti dans une plaidoirie pleine de jeux de mots pas toujours simples à retranscrire.

16h17: «C'est l'effet Kerviel»
Donc 2008, rappelle Me Valeanu rappelle que 2008 est très difficile pour les marchés. On s'en souvient, c'est l'année où la crise financière a explosé... Par rapport à d'autres banques, la Soc gen perd 63%, vingt de plus que d'autres banques, à la même époque. Cette différence, «c'est l'effet Kerviel». Il «impute le tiers de la perte» à Jérôme Kerviel donc. Pour finir, il veut porter à la connaissance du tribunal deux éléments de «perplexité». «Je trouve beaucoup de vanité dans tout ça», dans le monde de la finance, des polytechniciens qui jouent avec l'argent comme avec les formules mathématiques. L'autre élément de «perplexité», c'est pourquoi Jérôme Kerviel a fait ça.

16h10: La preuve par l'exemple?
On ne sait pas trop où Me Valeanu veut en venir. Il prend deux exemples et parle du préjudice d'un enfant illégitime et du préjudice de quelqu'un qui se fait voler sa carte de crédit...

16h05: Préjudice «moral», «personnel» et «du patrimoine»
Cette épargne avait été détruite à la fin de l'année 2008. «Pour les plus jeunes, passe encore, pour les retraités, c'est une catastrophe», car leur épargne censée compléter leur retraite avait fondu. Ils se retournent vers la banque, qui explique qu'il y a la crise des subprimes et l'affaire Kerviel. Il demande que le prévenu soit «condamné». Les salariés ont un préjudice certains, car dans leur épargne, «là où ils avaient 100, ils n'ont plus que 30». Il y a un préjudice moral mais aussi «sur leur patrimoine». Car cet argent qu'ils ont placé était leur patrimoine, même s'il a été placé dans un fond d'épargne salarial.

15h59: Me Richard Valeanu prend la parole
Au tour de Me Richard Valeanu de prendre la parole pour les parties civiles. Il représente deux salariés de la banque et trois anciens salariés de la banque. Ce sont «cinq personnes silencieuses sur 150.000». POurquoi sont-ils venus? «Pour avoir des explications», «sans esprits belliqueux» à l'encontre de M. Kerviel, assure l'avocat. Il y a un «préjudice moral» mais aussi un «préjudice financier». Ils sont titulaires d'une épargne salariale, donc.

15h58: L'audience est reprise

15h40: L'audience est suspendue pour 10 minutes

15h38:  «Le seul qui n'avait aucune émotion, c'était lui»
Selon les conclusions de l'expertise psychiatrique, Kerviel est un homme «normal».Ce n'est donc pas un fou.  «M. Kerviel n'est pas un escroc», ajoute Me Veil, reprenant la conclusion du juge d'instruction. Mais «alors que s'est-il passé?». «Il reste la troisième hypothèse de la banalité et de la médiocrité», attaque Me Veil. Kerviel perd de l'argent, alors «il remet au pot pour se refaire», et «il a de la chance, les marchés se retournent». «Il perd la boule, il rejoue puisqu'il a gagné». En fait, attaque Me Veil, Jérôme Kerviel «n'a jamais eu l'intention de faire gagner de l'argent à la banque, il s'est servi de la banque comme d'un casino». Et l'avocat de dire qu'il a trouvé «touchant» les témoins qui sont venus, qui avaient parfois les larmes au yeux. «Le seul qui n'avait aucune émotion, c'était lui», accuse Me Veil.  «Il n'est pas fou, puisqu'un expert le dit, j'en conviens. Mais enfin..." Et Me Veil de tourner les talons sur cette déclaration.

15h35:  Quel mobile?
Quant au débouclage, mis en cause par la défense, Me Veil le défend. «IIl n'est pas contestable que le débouclage a été bien fait», il a même été «salué» par Christine Lagarde à l'époque. Ce qui est «fascinant» dans cette affaire, c'est «a rapidité avec laquelle» tout a été connu. S'il veut la reconnaissance et la réparation du préjudice, il veut connaîtres les «mobiles» qui ont habité Jérôme Kerviel, surtout qu'en trois semaines, rien n'a été dit sur le sujet. «Quand cela gêne M. Kerviel», il parle plus bas et plus vite, note Me Veil. Il dit que c'est la première fois qu'il voit qu'une expertise psychologique soit ordonnée dans une affaire financière.

15h20: Les 4,9 milliards d'euros «nous sont clairement dus»
Me Jean Veil prend le relais et met en cause la défense de Jérôme Kerviel, qui a essayé d«'inverser les valeurs» et faire de la banque l'accusée. Il reproche à la défense d'avoir «sursaturé» le procès en faisant venir 34 témoins et en les accusants de ne pas parler librement. «Les faits sont là, ils sont aveuglants», clame-t-il. Lui, Me Veil, veut parler du «préjudice considérable». «nous aurions pu demandé la répération du préjudice moral, d'image», mais il est «irréparable». Il restait le préjudice financier. «Nous nous sommes demandé s'il fallait demander un euro symbolique», commence-t-il, mais dans un souci de simplification, les avocats vont demander «ce chiffre» de 4,9 milliards d'euros. «M. Kerviel ne le paiera pas, mais il nous est clairement dû».

15h10: «Qu'avez-vous fait de votre talent
La plaidoirie de Me Martineau est presque finie, d'abord, il veut revenir sur le début du dossier, quand il le préparait avec un ancien salarié. Il va jouer sur la corde sensible... «Qu'avez-vous fait de votre talent, de votre éducation, de votre capacité de séduction, de la confiance que la banque vous a donné, si ce n'est pour mentir, trahir, sans état d'âme», conclut Me Martineau, lui reprochant de s'attacer plus à sa «notoriété» qu'à la «vérité»

15h08: Les trois délits constitués, pour Me Martineau
Me Martineau reprend maintenant les trois chefs d'accusation contre Jérôme Kerviel.  «M. Kerviel avait conscience de la fictivité des opérations qu'il rentrait», dont, pour lui, le délit d'introduction frauduleuse de données dans une base informatique est «constitué». L'autre délit, «le faux», «un délit très grave» qui rompte «la confiance». Cela montre la «gradation» du comportement de Jérôme Kerviel vers la dissimulation. En plus, c'est un faux matériel, que Kerviel a reconnu. Ces faux ont permis à Kerviel  «d'exposer la banque» sur les marchés et de continuer à prendre des positions hors mandat. Là encore, le délit est «constitué». Enfin, c'est l'abus de confiance. «M. Kerviel a trahit la confiance de ses supérieurs», un délit «qu'il nie pour des raisons juridiques». Or, reprend Me Martineau, il n'y a aucune preuve qui a été apportée pour prouver que les supérieurs savaient. Au total, «le préjudice», c'est 1,4 milliard d'euros.

14h56: La banque n'avait pas «conscience du système frauduleux»
Me Martineau revient sur les alertes sur le compte de Jérôme Kerviel, qui ont été évoquées durant le procès, plusieurs mois avant qu'il soit pris. Que la Soc Gen n'ait pas su lire «les alertes ne prouve pas» que la banque avait  «la conscience du système frauduleux mis en place par M. Kerviel», «ni le consentement», assure Me Martineau.

14h47: Une «thèse invraisemblable» en cinq points
Bref, une "thèse invraisemblable". Et l'avocat de demander: si tout le monde sait, pourquoi cacher? De plus, il conteste que la banque savait et ne disait rien quand il gagnait de l'argent. Sa thèse repose sur "une conception ubuesque de l'activité d'un trader dans une salle de marché".  Son idée des salles de marchées est «mythomaniaque», insiste Me Martineau. Impossible qu'on laisse un trader engager de tels montants, «ça n'a pas de sens». Autre argument pour démontrer que cette thèse est «invraisemblable», c'est que Jérôme Kerviel est «seul» à la soutenir. Enfin, l'avocat pointe les «amalgames» et «confusions» entretenues par Jérôme Kerviel, sur «la notion même de dépassement», les opérations techniques et fictives, «les limites», tout ça pour «égarer le tribunal».

 


14h40: Les variations de la thèse de M. Kerviel
La thèse de M. Kerviel a "évolué". "Pendant la garde à vue, il a tout avoué", les faux, les positions prises hors mandat, etc. Il a dit qu'il n'avait jamais parlé à ses supérieurs "de son système frauduleux". "Il l'a dit, c'est écrit", insiste Me Martineau. Après une citation de Zola, l'avocat lit une citation de Jankelevitch, traitant du mensonge. Ensuite "il change d'avocat" et donc de thèse, qui "évolue". "Il ne conteste pas ses fautes, il nuance", en disant que la banque ne pouvait pas ne pas savoir. Avec son dernier avocat, Me Metzner, "c'est le dernier état des variations de la thèse de M. Kerviel, dit l'avocat, le prévenu dit désormais: "la banque m'encourageait".

14h34: Kerviel est un "trafiquant de l'apparence"
Me Martineau, toujours pour la banque, prend le relais. D'abord, il aimerait dire que "la thèse de Jérôme Kerviel est invraisemblable". Pour lui, le pire, c'est la "manipulation" de Jérôme Kerviel, grâce à "toutes les capacités qui sont les siennes". Il utilise "un jargon" incroyable qui fait qu'on "a peur d'avouer" ne pas comprendre. "Il joue aussi de sa réputation, il sait faire valoir sa sénioricité, son sérieux", ajoute-t-il. Il  a aussi "la capacité de dire tout et son contraire" dans la même phrase. "Face à un tel trafiquant de l'apparence,  on comprend que (tous) ont pu être trompé par les explications mensongères de M. Kerviel, surtout si on ne soupçonne pas le mensonge, surtout si la parole manipulatrice s'accompagne de faux".

14h30: "Une situation extrêmement embrouillée"
Le pire, pour Me Reinhart, c'est le 20 janvier, quand avant d'arriver à la banque pour s'expliquer, il envoie un texto disant: "je préfèrerais me jeter sous un train". Il l'écrit car il sait qu'un trader soupçonné de fraude s'est suicidé auparavant dans la banque. "Il sait qu'il ne va pas être brusqué". "Il aurait pu dire: 'jevais tout vous dire'", mais non, il est resté dans "une situation extrêmement embrouillée". En conclusion, il dit qu'en trois semaines, on a entendu de "nombreux témoins de bonne foi", mais "très peu Jérôme Kerviel". Il y a eu "de la tristesse chez tous les salariés de la banque".  Enfin, il répète qu'il n'est pas normal que la banque a été accusé par Kerviel tout ua long du procès.

14h26: Kerviel a "trois cerveaux"
M. Kerviel à "trois cerveaux" ce 18 janvier, un "premier pour exercer son activité normale, pour laquelle il est payée", un autre pour "mentir", un dernier "pour remettre du charbon dans la chaudière". Entre 17h et 18h, le 18 janvier, "alors qu'il sait qu'il est foutu, il va prendre pour 16.646 contrats". Ce jour là, il a traité plus de 3 milliards d'euros. "Que se passe-t-il dans la tête de M. Kerviel", demande l'avocat.

14h20: "Il va s'engluer"
Me Reinhart passe maintenant à la "journée particulière du 18 janvier", jour où la fraude a commencé à être découverte. Il a "deux problèmes", il doit "masquer" ses opérations directionnelles pour 50 milliards d'euros et son gain d'1,4 milliard d'euros. Dont une partie auprès du courtier Bader. Mais il a un "grain de sable", c'est ce Bader car "Bader, ça déclenche un contrôle", puisqu'il n'est pas connu, alors "il va s'engluer". Du coup, il dit à ses supérieurs, non ce n'est pas Bader, c'est Deutsche Bank. Et il fournit les mail.

14h15: "C'est une démarche organisée, structurée"
Me Reinhart s'arrête sur le faux du 16 mai 2007, quand le prévenu commence à être interrogé sur certaines opérations par le contrôle passerelle. C'est à propos de l'existence d'opérations en Italie. Jérôme Kerviel écrit à Sébastien Conquet du service comptabilité: "la date de valeur sera fin mai. Cela fait un mois que je me bat avec eux (la bourse italienne)". "Sa stratégie est extraordinaire, il se met du même côté de nous", note Me Reinhart. Kerviel, dans sa réponse, joint même le mail d'un Italien, "qu'il a inventé". Ce "mail est là pour tromper et il trompera". "C'est un faux parmi d'autres, mais il est symptomatique", dit-il. "Il a cette magie, cette présence", souligne l'avocat, expliquant que Jérôme Kerviel prenait le temps d'aller voir ses interlocuteurs. "Il donne une vraisemblance à sa démarche". "Ce n'est pas une petite faute professionelle, c'est une démarche organisée, structurée", conclut l'avocat.

14h08: Les trois temps du système Kerviel
D'après Me Reinhart, il y a trois temps dans la fraude Kerviel. D'abord, de "mars à aout 2007, un prise de position de 30 milliards d'euros", qui a pour conséquence une "descente en enfer", qui amène à une perte de 2,5 milliards d'euros en juillet 2007. Certes il fait un bénéfice de 500 millions d'euros en août, mais il "repart au combat avec 30 milliards d'euros de positions, qui amèneront 900 millions de gains" entre octobre et novembre 2007. Enfin, "il repart encore au combat" du 2 au 18 janvier 2008, "il va forcer la dose", jusqu'à 50 milliards d'euros.

14h03: "Le système frauduleux Kerviel"
Me Jean Reihnard, autre avocat de la banque, va présenter "le système frauduleux Kerviel". Il annonce une plaidoirie courte en raison de "la qualité des débats" lors du procès. Le système Kerviel est en trois partie, "une prise de position directionnelle massive", puis elles sont "masquées par des opérations fictives" et enfin, il s'agit "de maintenir de façon masquée par des mensonges en continus" cette prise de position, ce qui est corrhoboré par la fabrication de "faux".

14h01: "La réalité de ce dossier, c'est une victime, la Société générale"
Me Martineau, qui défend la banque, s'interroge sur l'affaire Kerviel. Il a des "interrogations légitimes" car il y a "182.000 opérateurs de marchés dans le monde et que trente affaire du type Kerviel révélées depuis 20 ans", dit-il. 4,9 milliards d'euros de perte, c'est un "triste record" pour le prévenu. "La réalité de ce dossier, c'est d'abord un prévenu, qui prétend n'avoir commis que de légères fautes professionnelles", continue l'avocat. "Un prévenu qui ment au delà de toutes les contradictions possibles" et "la réalité de ce dossier, c'est une victime, la Société générale", que le prévenu à "sans cesse accusé". La SG, une "personne morale" mais aussi "une collectivité de salariés", qui "attendaient que M. Kerviel s'excuse".

13h56: Débat sur les parties civiles
Me Martineau pour la Société générale, prend la parole et demande donc, après ce désistement, que la Soc gen ne soit plus citée. Un débat s'engage entre avocats sur les parties civiles après ce désistement. Me Canoy

13h52: Une partie civile se désiste à cause de "pressions"
Le président lit un courrier d'une partie civile, M. Kemlin, qui se désiste de sa partie civile en raison de "pressions" sur sa personne et son entourage.

13h51: L'audience est reprise

13h46: Tout le monde est rentré
Il ne manque que le président du tribunal.

13h38: Ce live a pris du retard car l'audience... a pris du retard
Les réquisitions du procès de Jean-Marie Messier, dasns la même salle, viennent juste de se terminer.

A suivre dès 13h30 sur 20minutes.fr...

Le procès de Jérôme Kerviel touche à sa fin. Mercredi, la parole est aux parties civiles et notamment aux avocats de la Société générale, l’une des principales. Les trois avocats de la Société Générale, Mes François Martineau, Jean Reinhart et Jean Veil, vont se succéder pour réclamer réparation devant la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris, réclamer donc 4,9 milliards d’euros au prévenu, tout en sachant qu’il ne pourra évidemment pas payer une telle somme. Face à l’éventualité de cette peine, Jérôme Kerviel avait marmonné mardi que cela équivaudrait à «la peine de mort».  

Jérôme Kerviel refuse d'assumer la responsabilité de cette perte. Pour lui, le «débouclage» des 50 milliards d’euros de positions, fait durant le week-end où la fraude a été découverte, a été fait au mauvais moment. Durant le procès, il est apparu toutefois qu’au mieux, la banque aurait pu réduire ses pertes au maximum d’1,5 milliard mais qu’elles auraient pu monter aussi jusqu’à 29 milliards d’euros.

Les petits actionnaires auront la parole

Les avocats de la banque seront suivis par ceux des autres parties civiles, dont cinq salariés ou retraités actionnaires de la Société Générale, qui estiment que leur épargne a souffert de «l’affaire Kerviel» . Ils devraient réclamer au total quelque 100.000 euros.

Le prévenu est poursuivi pour abus de confiance, faux et usage de faux et «introduction frauduleuse de données» dans un système informatique, encourt par ailleurs cinq ans de prison et 375.000 euros d'amende.

Maud Pierron
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