16h58: L'audience est terminée pour aujourd'hui
Les différents avocats qui se sont succedé ont tous rappelé les agissements de Jérôme Kerviel. Ceux de la Société générale ont dit leur intention de réclamer des dommages à hauteur du préjudice subi: 4,9 milliards d'euros. Surtout, alors que la question du mobile n'a toujours pas trouvé de réponse, Me Veil a laissé entendre qu'il pensait que Jérôme Kerviel souffrait de problèmes psychologiques... Les avocats des parties civiles représentant des actionnaires et des salariés actionnaires ont aussi mis en cause la banque, qui n'a pas assez contrôlé son salarié.
Le compte-rendu des plaidoiries à venir dans quelques instants...
16h56: Un forfait par actionnaire
«Pourquoi la société ne serait pas responsable des agissements d'un de ses salariés», demande l'avocat. «Retenir la seule responsabilité pleine et entière de M. Kerviel, c'est un peu facile», reprend-il. C'est pourquoi l'avocat a mis en cause la Société générale. Il demande donc pour chaque actionnaire une réparation de 92 euros par action détenus, plus 10 euros de préjudice, plus un «forfait» de 2000 euros par actionnaire.
16h53: «Le dindon de la farce, c'est l'actionnaire»
«Le dindon de la farce, c'est l'actionnaire», continue Me Kanel-Canoy, rappelant que les cadres licenciés étaient partis avec une confortable indemnisation. Il demande réparation, d'environ 92 euros par action détenue. Il rappelle qu'il y a une class-action en cours aux Etats-Unis qui peut coûter cher à la banque.Et demande si «c'est normal que les actionnaires doivent aller aux Etats-Unis pour obtenir une réparation.»
16h50: «La responsabilité unique de M. Kerviel, c'est un leurre»
Le premier à avoir déposé plainte dans cette affaire, c'est l'un de ses clients, un petit porteur. Et ensuite, la banque «a pris le train en marche». «C'est une bizarrerie», dit-il. Me Kanel-Canoy fait un long développement sur la recevabilité de la constitution des parties civiles pour les petits actionnaires. Il rappelle que le titre a chuté entre janvier et décembre 2008 plus de 63% de sa valeur, rappelle-t-il, alors que le CAC 40 affichait une perte de 21%. «La découverte de cette perte a donc eu une incidence sur la valeur de l'action». Il ne croit pas «à la responsabilité unique de M. Kerviel, c'est un leurre», car c'est la faute d'un «système», assure-t-il, couplé à un contexte et des défaillances. Il rappelle d'ailleurs cette phrase de Daniel Bouton, mardi, devant le tribunal: «je comprends très vite qu'il y a eu des défaillances dans le contrôle».
16h39: Me Kanel-Canoy prend le relais, il représente des petits actionnaires
16h38: «sans les années Bouton, il n'y aurait pas eu de Jérôme Kerviel»
Me Richard pointe aussi la défense de la banque, «qui a évolué», comme celle de Kerviel. «La société générale a changé d'attitude», dit-il, en laissant les salariés se constituer partie civiles. «Est-ce le procès d'un homme ou d'un système», interroge l'avocat. «C'est le procès des deux, à l'évidence» car «sans les années Bouton, il n'y aurait pas eu de Jérôme Kerviel»
16h35: «Une certaine ambiance» où «l'argent est roi»
Et donc pour Me Richard, ce sont les salariés de cette «banque épicerie» qui ont subi le vrai «préjudice moral». Ce ne sont pas les traders, qui certes ont vu leur bonus fondre, mais qui a augmenté l'année d'après, ni les anciens supérieurs de Kerviel, qui sont partis avec des «transactions intéressantes». Bouton lui même est parti avec une «retraite dorée». Et les salariés, eux, n'ont rien eu, si ce n'est un guide anti-stress. Il n'y a qu'«un seul point commun, c'est la pression qui est mise sur eux». Me Richard veut décrire «une certaine ambiance» où «l'argent est roi». Il assure que les salariés de la banque qu'il défend se sentent plus proche de Jérôme Kerviel que des patrons de la banque. «La bataille de l'image a été largement perdu par la Société générale, faut le faire quand même»
16h30: «Un plomb a disjoncté, c'était Kerviel, ça aurait pu un autre»
Il demande au tribunal de prendre en compte la décision de la Commission bancaire, qui a condamné la Soc gen à une amende de 4 millions d'euros pour un défaut de contrôle suite à l'affaire Kerviel. Pour lui, il y a deux Société générale, la banque et la banque d'investissement, avec «de jeunes traders», «la race des seigneurs», qui ne pense qu'à «l'argent». Avec le salaire moyen d'un trader, dit-il, «on peut payer l'ensemble du gouvernement pendant un an». Ces chiffres, «ça donne le tournis» et donc forcément, des «des jeunes gens de 23 ans» peuvent perdre la tête. «Un plomb a disjoncté, malheureusement, c'était Kerviel, ça aurait pu un autre, ça pourrait être un autre» à l'avenir. Donc d'un côté, il y a la «banque casino» et de l'autre, «la banque épicerie», où l'argent coule au compte-goutte pour les salariés comme pour les clients.
16h24: «J'ai fait un rêve en forme de cauchemar»
«J'ai fait un rêve en forme de cauchemar, Jérôme Kerviel avait pris des positions de 490 milliards, là ça change tout, impossible de déboucler les positions, et ça aurait été la faillite, et en face de moi j'aurais aujourd'hui des liquidateurs», commence Me Daniel Richard, qui défend les parties civiles. Il rappelle que Kerviel signifie "chateau fort", et que ce chateau fort est «bien plus cadenassé que le coffre de la banque» puisqu'on n'a rien appris sur lui. En revanche, note l'avocat,«on a beaucoup appris sur la Société générale, et notamment qu'elle n'avait pas de général». Daniel Bouton, qui a témoigné mardi, ne devait en effet pas venir à l'audience. Et pourtant, l'ancien PDG «avait beaucoup de chose à dire». Me Daniel Richard est parti dans une plaidoirie pleine de jeux de mots pas toujours simples à retranscrire.
16h17: «C'est l'effet Kerviel»
Donc 2008, rappelle Me Valeanu rappelle que 2008 est très difficile pour les marchés. On s'en souvient, c'est l'année où la crise financière a explosé... Par rapport à d'autres banques, la Soc gen perd 63%, vingt de plus que d'autres banques, à la même époque. Cette différence, «c'est l'effet Kerviel». Il «impute le tiers de la perte» à Jérôme Kerviel donc. Pour finir, il veut porter à la connaissance du tribunal deux éléments de «perplexité». «Je trouve beaucoup de vanité dans tout ça», dans le monde de la finance, des polytechniciens qui jouent avec l'argent comme avec les formules mathématiques. L'autre élément de «perplexité», c'est pourquoi Jérôme Kerviel a fait ça.
16h10: La preuve par l'exemple?
On ne sait pas trop où Me Valeanu veut en venir. Il prend deux exemples et parle du préjudice d'un enfant illégitime et du préjudice de quelqu'un qui se fait voler sa carte de crédit...
16h05: Préjudice «moral», «personnel» et «du patrimoine»
Cette épargne avait été détruite à la fin de l'année 2008. «Pour les plus jeunes, passe encore, pour les retraités, c'est une catastrophe», car leur épargne censée compléter leur retraite avait fondu. Ils se retournent vers la banque, qui explique qu'il y a la crise des subprimes et l'affaire Kerviel. Il demande que le prévenu soit «condamné». Les salariés ont un préjudice certains, car dans leur épargne, «là où ils avaient 100, ils n'ont plus que 30». Il y a un préjudice moral mais aussi «sur leur patrimoine». Car cet argent qu'ils ont placé était leur patrimoine, même s'il a été placé dans un fond d'épargne salarial.
15h59: Me Richard Valeanu prend la parole
Au tour de Me Richard Valeanu de prendre la parole pour les parties civiles. Il représente deux salariés de la banque et trois anciens salariés de la banque. Ce sont «cinq personnes silencieuses sur 150.000». POurquoi sont-ils venus? «Pour avoir des explications», «sans esprits belliqueux» à l'encontre de M. Kerviel, assure l'avocat. Il y a un «préjudice moral» mais aussi un «préjudice financier». Ils sont titulaires d'une épargne salariale, donc.
15h58: L'audience est reprise
15h40: L'audience est suspendue pour 10 minutes
15h38: «Le seul qui n'avait aucune émotion, c'était lui»
Selon les conclusions de l'expertise psychiatrique, Kerviel est un homme «normal».Ce n'est donc pas un fou. «M. Kerviel n'est pas un escroc», ajoute Me Veil, reprenant la conclusion du juge d'instruction. Mais «alors que s'est-il passé?». «Il reste la troisième hypothèse de la banalité et de la médiocrité», attaque Me Veil. Kerviel perd de l'argent, alors «il remet au pot pour se refaire», et «il a de la chance, les marchés se retournent». «Il perd la boule, il rejoue puisqu'il a gagné». En fait, attaque Me Veil, Jérôme Kerviel «n'a jamais eu l'intention de faire gagner de l'argent à la banque, il s'est servi de la banque comme d'un casino». Et l'avocat de dire qu'il a trouvé «touchant» les témoins qui sont venus, qui avaient parfois les larmes au yeux. «Le seul qui n'avait aucune émotion, c'était lui», accuse Me Veil. «Il n'est pas fou, puisqu'un expert le dit, j'en conviens. Mais enfin..." Et Me Veil de tourner les talons sur cette déclaration.
15h35: Quel mobile?
Quant au débouclage, mis en cause par la défense, Me Veil le défend. «IIl n'est pas contestable que le débouclage a été bien fait», il a même été «salué» par Christine Lagarde à l'époque. Ce qui est «fascinant» dans cette affaire, c'est «a rapidité avec laquelle» tout a été connu. S'il veut la reconnaissance et la réparation du préjudice, il veut connaîtres les «mobiles» qui ont habité Jérôme Kerviel, surtout qu'en trois semaines, rien n'a été dit sur le sujet. «Quand cela gêne M. Kerviel», il parle plus bas et plus vite, note Me Veil. Il dit que c'est la première fois qu'il voit qu'une expertise psychologique soit ordonnée dans une affaire financière.
15h20: Les 4,9 milliards d'euros «nous sont clairement dus»
Me Jean Veil prend le relais et met en cause la défense de Jérôme Kerviel, qui a essayé d«'inverser les valeurs» et faire de la banque l'accusée. Il reproche à la défense d'avoir «sursaturé» le procès en faisant venir 34 témoins et en les accusants de ne pas parler librement. «Les faits sont là, ils sont aveuglants», clame-t-il. Lui, Me Veil, veut parler du «préjudice considérable». «nous aurions pu demandé la répération du préjudice moral, d'image», mais il est «irréparable». Il restait le préjudice financier. «Nous nous sommes demandé s'il fallait demander un euro symbolique», commence-t-il, mais dans un souci de simplification, les avocats vont demander «ce chiffre» de 4,9 milliards d'euros. «M. Kerviel ne le paiera pas, mais il nous est clairement dû».
15h10: «Qu'avez-vous fait de votre talent