Son exploit est passé presque inaperçu, la faute à la tempête médiatique qui s’est abattue sur les Bleus en Afrique du Sud. Pourtant, Grégory Havret a porté haut les couleurs de la France en s’adjugeant la 2e place du mythique US Open de golf, dimanche à Pebble Beach [Californie], derrière le Nord-Irlandais Graeme McDowell. Autant dire qu’à 33 ans, le Rochelais d’origine, classé à une modeste 391e place mondiale, a frappé un grand coup. Le deuxième après son succès sur l’Open d’Ecosse en 2007. Le Français a créé la sensation de cette édition 2010, au point de s’attirer les honneurs de la chaîne de télévision américaine Sky Sports et les louanges du numéro 1 mondial, l’Américain Tiger Woods: «Il a magnifiquement joué aujourd’hui [dimanche]. Magnifiquement ! Il a fait ce qu'il fallait pour gagner l'US Open. Il s'est accroché, il n'a rien lâché. Il a placé ses coups là où il le fallait.» Mais en rendant une dernière carte de 72 [après 73, 71 et 69 sur les trois premières manches], un coup au-dessus du par, le fol espoir d’un sacre s’évanouit.
Pour sa première participation à ce tournoi majeur, et après une qualification gagnée en barrage, Grégory Havret devance tout de même à l’arrivée le Sud-Africain Ernie Els [3e au classement PGA], l’Américain Phil Mickelson [2e au classement PGA] et son compatriote Tiger Woods, son compagnon de jeu à l’occasion du 4e tour et dernier tour dimanche. «Il est très sympa… Certes il a été un peu énervé toute la partie parce qu’il avait un peu de mal sur les greens et qu’il n’a pas joué terrible. Mais c’était un grand moment, la folie pendant quatre heures avec toute l’hystérie autour de lui. On a pas mal discuté et j’ai beaucoup appris de lui. Il a passé une mauvaise journée et est resté extrêmement calme malgré tout. Ça permet de relativiser… Ce sera un autre point à retenir de cet US Open.»
Mais cela n’empêche pas la frustration d’un «échec» à un coup du titre suprême. La faute à un putt hésitant qui le priva de trois birdies [un de dix mètres au 16, deux autres de trois mètres au 17 et au 18] qui auraient pu tout changer. «La déception l’emporte car je passe probablement à côté de la plus grande semaine de ma vie. Passer à côté d’un US Open à Pebble Beach me reste un peu en travers de la gorge. J’ai fait beaucoup pour arriver dans cette position au 18e trou et il ne me manquait plus qu’à rentrer ce putt pour atteindre le paradis. Après je ne peux pas avoir énormément de regrets parce que je fais vraiment un mauvais coup, et je suis assez content de finalement rentrer le suivant.»
Grâce à cette performance, le Français est d’ores et déjà qualifié pour les trois premiers tournois du Grand Chelem de 2011, dont le Masters, ainsi que pour les prochaines épreuves des championnats du monde. Autant d’occasions pour Grégory Havret, qui s’est maintenant fait un nom, de faire à nouveau parler de lui. « Des semaines comme celle que je viens de vivre, j’espère qu’il en y en aura d’autres. Quoi qu’il en soit cela me donne confiance pour le futur. J’avais besoin de ça pour croire à nouveau en moi. » Le rêve ne fait que commencer.