Ce devait être une journée test de mobilisation contre le CPE
Entre 218 000 et 400 000 salariés, étudiants et lycéens ont manifesté hier dans les rues de 187 villes de France, au moment où l'amendement créant le contrat première embauche était examiné à l'Assemblée nationale
Pour François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, « ce n'est pas un raz de marée », mais « il faut être optimiste car les sondages montrent que la tendance dans l'opinion est en train de se retourner » (lire encadré)
A Paris, entre 13 000 (selon la police) et 45 000 personnes (selon les organisateurs) ont manifesté avec un seul mot d'ordre : « Retrait du CPE »
Les principaux leaders syndicaux, dont Bernard Thibault (CGT) et Bruno Julliard (Unef), ont défilé, suivis par des jeunes courant, sautant et scandant à tue-tête : « La jeunesse n'est pas une maladie » ou encore « Villepin, ta période d'essai est terminée »
Pour Annabelle, jeune militante de l'Unef, « le CPE ne va pas créer d'emplois, mais va nous mettre le bec dans l'eau
Alors oui, il y a urgence
» Antoine et Emmanuel, étudiants en BTS à Paris, estiment, eux, que « le pire avec le CPE, c'est de ne pas pouvoir construire notre vie
Avec deux ans de période d'essai, on ne peut rien entreprendre
» Du coup, ils préféreraient être embauchés en CDD, « parce que c'est moins stressant
Pas de risque d'être licenciés sans motif
» Jean-Paul Tripogney, secrétaire national du SE-Unsa (enseignants), s'interroge : « De la flexibilité, il y en a déjà beaucoup, des emplois précaires, aussi
Pourquoi en rajouter ? » En queue de cortège, tous les ténors du PS se sont retrouvés, unis pour l'occasion, derrière la banderole : « Le CPE, ce n'est pas mieux que rien, c'est pire que tout »
Malgré les vacances scolaires et les partiels, « les jeunes sont là, signe d'une détermination importante », a estimé Bruno Julliard (Unef)
« La mèche de la mobilisation est allumée
» Laure de Charette