Si la SNCF veut diversifier les services dans ses principales gares, elle planche aussi sur des arrêts plus modestes. « A Bischwiller, nous avons une très jolie petite gare qui dessert un très gros hôpital, explique Sophie Boissard, directrice de la branche Gares et Connexions de la SNCF. Mais nous n'utilisons le bâtiment qu'à moitié, l'autre moitié est inoccupée depuis vingt ans. La mairie nous a approchés pour exploiter un côté du bâtiment en vue d'y transférer le bar-tabac du village, et une autre aile pour y installer une halte-garderie. »
Une question de coût de l'opération
« Des pistes ont été lancées, mais rien n'est encore bien concret », précise Marie-Rose Martin, directrice générale des services à la mairie de Bischwiller. Un restaurateur serait intéressé par le site mais étudierait aussi une autre possibilité d'implantation. Quant à une halte-garderie, les « besoins sont couverts » en la matière dans la commune. Dans l'objectif « de revitaliser le lieu, l'hypothèse de le louer pour des bureaux n'est pas exclue. » Seule certitude, aucune décision ne sera prise cette année. La ville doit avant évaluer le coût de l'achat des bâtiments à la SNCF et des travaux de rénovation et d'extension.
Sur une quinzaine de personnes croisées, hier midi, à la gare de Bischwiller, aucune n'était au courant des projets. Si l'ouverture d'une crèche a remporté une certaine approbation auprès d'elles, la création d'un bar en a laissé plus d'un sceptique. « Il y a un restaurant pas loin donc il ne servira pas à grand-chose, estime, par exemple, Cyril, 18 ans. S'ils veulent dépenser de l'argent, qu'ils renforcent plutôt la sécurité. Il y a souvent des vols et du racket. » Des problèmes il y en a, mais « pas plus qu'ailleurs », dixit Marie-Rose Martin. Elle ne cache pas, néanmoins, que la SNCF serait aussi intéressée par la multiplication des services pour « atténuer des problèmes d'incivilités par une présence supplémentaire sur le site ».Philippe WEnDling