De notre envoyé spécial à Roland-Garros
Elle en tombe à la renverse. Francesca Schiavone ne fait qu’une avec la terre battue. Il lui faut de longues secondes pour se relever et partir embrasser les siens en tribune. A 29 ans, l’Italienne devient la plus étonnante des gagnantes de Roland-Garros, mais aussi la plus rafraichissante. Au milieu des cogneuses adeptes du droite-gauche produites en série en Europe de l’Est, Schiavone apporte un peu de touché de balle et d’émotion dans un tennis féminin qui en manque parfois. Schiavone, c’est un peu l’histoire de la bonne copine que tout le monde adore. Il suffit de voir les journalistes transalpins fondre en larmes pour comprendre.
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Cette victoire est d’autant plus belle que personne ne l’a vue venir. Quand elle débute sa quinzaine, Schiavone (17e joueuse mondiale) est candidate à une place en seconde semaine. Pas plus. D’accord, l’Italienne adore la surface ocre, mais son manque de puissance paraît rédhibitoire pour oser vise beaucoup plus haut. Et pourtant, tour après tour, la Milanaise va déjouer les pronostics.
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Contre la puissante australienne Samantha Stosur, Schiavone ne part pas favorite une fois de plus. Peu importe. Avec le cœur, la tête et son revers à une main, Schiavone dérègle le tennis de son adversaire. Et quand le jeu l’impose, elle vient déposer un amour de volée. Toujours pas redescendue de son nuage, l’Italienne a avoué au micro du Central «n’avoir rien préparé comme discours, car quand je prépare quelque chose, ça n’arrive jamais.» Pourtant, c’est bien arrivé: pour la première fois une Italienne remporte Roland-Garros.