De notre envoyé spécial à Roland-Garros
Même la rafraîchissante victoire de Francesca Schiavone chez les femmes , ce Roland-Garros s'achève dans une certaine morosité. Entre le fiasco tricolore, les caprices du ciel et un niveau de jeu moyen, la cuvée 2010 n'a pas tenu toutes ses promesses.
Des Français aux abonnés absents
Pour le tennis tricolore, ce Roland-Garros n'a duré qu'une semaine. «Il ne faut pas tourner autour du pot, le bilan n'est pas bon», tranche le DTN Patrice Hagelauer. Pas bon, il s'agit même du plus mauvais depuis 1999 avec le seul Jo-Wilfried Tsonga présent au rendez-vous des huitièmes de finale. Fauché par une déchirure abdominale face à Youzhny, le Manceau a peut-être même compromis sa saison sur gazon. Parité oblige, les filles n'ont pas été beaucoup plus à la fête. Arrivée pleine d'ambition, Aravane Rezai s'est bien battue mais a manqué d'expérience pour passer le cap Nadia Petrova en 16e de finale. «Le tennis français produit de nombreux joueurs de très grande qualité, mais très peu véritablement performants dans les tournois majeurs», ne peut que déplorer l'entraîneur de Rezai, Patrick Mouratoglou. Difficile de le contredire.
Un temps d'automne
«Et si on organisait un jour ce tournoi au printemps?» Face à la pluie, le froid et la déprime, les spectateurs n'ont souvent eu que l'humour pour se réchauffer. Parti sur des bases estivales, ce Roland-Garros a connu une vilaine dépression du mercredi de la première semaine au mardi de la seconde. De quoi relancer un débat sur la couverture du Central Philippe-Chatrier. Le spleen ambiant a même gagné les joueurs. «Le mauvais temps n'a pas aidé à la bonne ambiance et à la qualité du jeu» déplore Michael Llodra. Même sentiment chez son compère en double, Julien Benneteau: «Les tribunes étaient vides pour un match comme Murray-Berdych, il fait tellement froid que les gens préfèrent rentrer chez eux.»
Où sont les matchs d'anthologie?
Tout un symbole, le match de la quinzaine s'avère être une défaite française, celle de Gaël Monfils contre l'Italien Fabio Fognini au deuxième tour. Du suspens, du n'importe quoi, un dernier set joué dans la pénombre et terminé le lendemain soir, Monfils a offert malgré lui des émotions dans un tournoi qui en a manqué cruellement. Hormis le régicide de Robin Soderling sur le roi Federer ou la belle bataille entre Justine Henin et Maria Sharapova, cette édition a eu du mal à tromper l'ordinaire. Il y a des années comme ça.