Son nom évoque un célèbre animateur de télé. Mais sa drogue à lui est de former les perchistes de demain. A la tête d’un des trois pôles spécialisés dans le saut à la perche en France (avec l’Insep et Clermont-Ferrand), Georges Martin est un atypique dans le monde de l’athlétisme. Capable de « mettre à la porte un champion du monde qui [lui] casserait les bonbons » s’il le fallait, l’homme à la moustache indisciplinée fut de la grande époque du Racing club de France dans les années 1980. Celle des Jean-Michel Bellot, Thierry Vigneron et des Pierre Quinon.
Après un court passage à Angers – ville qu’il retrouvera du 14 au 16 juillet pour les championnats de France – il pose ses valises à Bordeaux en 1999. « Je commençais à en avoir marre de la région parisienne. C’est bien d’avoir les meilleurs athlètes mondiaux, mais c’est aussi un peu chiant. » Arrivé par hasard dans la discipline, il se spécialise désormais dans la formation. « Ici, on entraîne tous les niveaux, du benjamin au sauteur à 6 mètres. Mais c’est plus facile de former des benjamins que des mecs à 6 mètres », lâche-t-il en éclatant de rire.
Aujourd’hui, Georges Martin entraîne des garçons qui comptent parmi les meilleurs de France. Les jeunes qui composent son groupe (Mesnil, Barbaud, Dossevi, Fortin) forment une grande famille où la rigolade est toujours au rendez-vous. « Avec eux, je m’amuse énormément. J’ai quinze jours de vacances par an et quand ils ne sont pas là, je m’ennuie beaucoup. » Ses « fils », comme il les appelle, le lui rendent bien. « C’est plus une famille qu’un groupe. On travaille dans une bonne humeur communicative », lancent-ils en choeur.
Avec trente ans de métier derrière lui, ce prêcheur convaincu, admirateur de Jean Galfione, n’envie pas les nations dominantes de la perche mondiale. « Les athlètes des pays de l’Est sont des professionnels. Ils sont les vitrines de leurs pays. Moi, mes perchistes ne vivent pas de leur sport. » Avec un ingénieur (Mesnil), un kinésithérapeute (Barbaud) et un futur professeur de sport (Dossevi), son équipe a en effet plusieurs cordes à son arc. Stéphane Deschamps
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Aimé Cordoba, président de la Ligue d’Aquitaine d’athlétisme
« C’est un gars truculent avec
un caractère entier. Pour l’amour de
la perche, il avance
à tout prix. Il n’a pas de couleur de club, c’est ce qui fait
sa force. »
Thierry Vigneron, médaillé de bronze
aux JO de 1984
« Georges est
un super animateur et un très bon technicien. Avec ces deux qualités, ça fait un bon entraîneur.
Sa vie, c’est le stade. »
Romain Mesnil, quadruple champion
de France
« C’est un bon vivant. Il peut paraître léger mais en fait il est très précis. Il sait être
à l’écoute
de ses athlètes. »