Le gouvernement va soumettre en Guadeloupe une proposition permettant une augmentation des bas salaires "proche des 200 euros" réclamés par le LKP. C'est ce qu'a annoncé ce jeudi 19 février le Premier ministre François Fillon sur RTL. "Cette nuit, les médiateurs ont, après de nombreux contacts avec le collectif et avec le patronat (...) réussi à mettre sur pied une proposition que je vais valider et qui sera soumise au patronat et au collectif (contre l'exploitation LKP)", a-t-il déclaré. Cette offre, a ajouté François Fillon, "permet de s'approcher très près (...) des objectifs financiers, quantifiés que réclame le collectif.
"On arrive, avec l'ensemble des dispositifs qui ont été imaginés, à quelque chose qui est proche des 200 euros, mais pour les bas salaires, en utilisant de manière spécifique pour l'Outre-Mer le Revenu de solidarité active qui sera anticipé, qui sera calculé différemment et qui permettra, je l'espère, de répondre à la revendication sur la vie chère aux Antilles", a-t-il précisé.
Cette hausse se ferait notamment par le biais d'une "prime déchargée", c'est à dire sans cotisations patronales ni salariales, qui serait versée par le patronat pendant 2 ans, a-t-on indiqué à Matignon. Le montant ou la fourchette exacts d'une telle prime n'ont pas été précisés, mais le patronat avait proposé 35 à 120 euros mensuels selon les secteurs d'activité, la richesse et la taille de l'entreprise. Son montant doit faire l'objet de négociations et la prime sera soumise à la contribution sociale généralisée (CSG) à la Contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) et à l'impôt sur le revenu. En revanche, cette non-recette pour les organismes sociaux ne sera pas compensée par l'Etat.
Deuxième apport de l'Etat, un "gain net de RSA", qui devrait avoir entre 120.000 et 150.000 bénéficiaires dans tous les DOM, quelque 25.000 en Guadeloupe. La "prime déchargée" ne sera pas déduite de l'assiette du RSA, et donc l'addition des deux mécanismes devrait permettre d'être le plus près possible des 200 euros pour les plus bas salaires, autour du SMIC. Le principe de cette prime, a-t-on souligné, ne s'appliquera qu'en cas d'accord entre les partenaires sociaux. Le système doit profiter aux salariés touchant jusqu'à 1,4 Smic, soit 45.000 salariés. C'est ce que demandait le LKP, le "collectif contre l'exploitation" qui mène la grève en Guadeloupe. Les médiateurs du gouvernement doivent présenter ces propositions au LKP lors d'une réunion à 16H00 heure de Guadeloupe (21H00 à Paris) à Pointe-à-Pitre. Le chef de l'Etat rencontre à 17h (heure de Paris) les élus des quatre départements d'Outre-mer, puis doit dialoguer avec les Antilles via la chaîne de l'Outre-mer RFO à 19h.
Avant même cette échéance, Elie Domota, leader du LKP, s'est dit jeudi "méfiant" quant au contenu des nouvelles propositions gouvernementales. "Nous écouterons puis nous étudierons", a dit le leader du collectif LKP. "Presque 200 euros, ça ne nous intéresse pas. Le compte n'y est pas", avait répondu Jean-Marie Nomertin, de la CGTG, membre du LKP et proche d'Elie Domota.
L'entretien de François Fillon ce jeudi 19 février sur RTL