Au lendemain du sommet social et des annonces du président de la république,
les réactions sont mitigées.
Les leaders syndicaux ont appelé à "maintenir la pression"
sur le gouvernement et le patronat au sortir du sommet social de mercredi 18
février, jugeant "insuffisantes" les
mesures annoncées par le président Nicolas Sarkozy. Cette
première réaction augure d'une deuxième
journée d'action unitaire le 19 mars, dont les syndicats fixeront "le
sens, le contenu, les modalités" lors d'une réunion commune lundi
23 février.
A l'inverse, le patronat a réagi de manière très mesurée, le président
de la CGPME Jean-François Roubaud se félicitant que l'exécutif ait "fait
attention à ne pas pénaliser les entreprises davantage, y compris les TPE et
PME".
• Selon François Chérèque (CFDT), "l'action
syndicale a permis une première inflexion dans la politique gouvernementale".
"Les quelques mesures annoncées aujourd'hui, en particulier pour les
familles modestes, vont dans ce sens. Mais face à la situation des salariés,
les mesures sont insuffisantes". "Comme l'action syndicale
commence à payer, la CFDT estime qu'il faut continuer à mettre la pression
sur le gouvernement et le patronat" pour "aller jusqu'à un vrai
changement de cap", a-t-il ajouté. François Chérèque a jugé que le
président "peut beaucoup mieux faire" en remettant en cause
le paquet fiscal de l'été 2007. "Le président a un blocage
idéologique".
• Son homologue de la CGT Bernard Thibault a
qualifié les décisions présidentielles de "série de
mesures d'accompagnement social à la crise". Rappelant que le
coût des mesures avoisine 2,6 milliards d'euros, il s'est dit "bien
obligé de ramener ce chiffre à la somme de 8 mds d'euros" au
bénéfice des entreprises avec la suppression
annoncée de la taxe professionnelle. M. Thibault a estimé qu'il
allait "falloir pousser plus fort pour changer vraiment la situation":
"Nous nous rendrons à la rencontre unitaire de lundi avec l'esprit de
travailler à un prochain rendez-vous revendicatif, qui est programmé le 19
mars".
• Jean-Claude Mailly (FO) a relevé "quelques
éléments qui bougent un peu", sur le chômage partiel -même si "c'est
encore insuffisant"-, la formation et les allègement fiscaux. "Mais
c'est beaucoup trop court" et "nous avons essuyé une fin de
non-recevoir sur le Smic et les négociations salariales de branches",
a encore affirmé M. Mailly, critiquant le "refus d'un moratoire
sur les 30.000 emplois publics" dont la suppression est programmée
cette année".
• Jacques Voisin (CFTC) a lui aussi jugé que si "les
lignes ont un peu bougé", "le compte n'y est pas",
notamment sur les salaires. "Il y a certes eu un effort sur les
familles modestes mais c'est bien insuffisant".
• Bernard Van Crayenest (CFE-CGC) s'est montré moins
critique. "Il y a eu quelques avancées sur le dialogue social, un
consensus sur l'emploi mais il y a encore beaucoup à faire pour améliorer
l'indemnisation du chômage partiel", a-t-il dit.
• La présidente du Medef, Laurence Parisot,
a "répété que sauver des emplois aujourd'hui, c'est d'abord préserver
les entreprises". Avec "les dispositifs particuliers pour le
chômage partiel, la formation professionnelle, l'assurance chômage, les
entreprises françaises ont mis sur la table du social un milliard et demi
d'euros", a-t-elle affirmé, se déclarant "prête à
accélérer leur mise en oeuvre". Elle s'est par ailleurs
interrogée sur le financement de ces mesures anti-crise se demandant si les
2,6 milliards qu'elles représentent ne "grèvent pas l'avenir".
"Tout ceci se passe au moment où Bruxelles
rappelle la France à l'ordre" sur les déficits, a-t-elle
souligné. "Il faut faire les choses d'une manière telle que cela
ne grève pas l'avenir. Et aujourd'hui on peut se poser des questions",
a poursuivi Laurence Parisot.
E24 avec AFP