Le nouveau ministre allemand de l'Economie Karl-Theodor zu Guttenberg plaidera en mars aux Etats-Unis pour sauver le constructeur automobile allemand Opel, filiale de General Motors, menacé de faillite, a-t-il affirmé dans une interview parue dimanche 22 février. La veille, il appelait à une aide internationale pour sauver Opel.
Karl-Theodor zu Guttenberg indique au journal Bild am Sonntag avoir mis en place avec le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner "un groupe de travail informel" entre les Etats-Unis et l'Allemagne sur le sujet. "Je mettrai à profit mon premier déplacement aux Etats-Unis en mars pour avoir plus d'entretiens" avec les "décideurs", a-t-il ajouté.
Opel, qui emploie plus de 26.000 personnes en Allemagne, subit la chute des ventes de voitures, mais est aussi victime des immenses difficultés de sa maison mère qui n'évite la faillite que grâce à l'aide du gouvernement américain. "Il est urgent que General Motors et Opel réfléchissent rapidement et de manière substantielle comment ils veulent préserver les emplois sur une base économiquement saine", a encore dit le ministre conservateur. Berlin chiffre à 3,3 milliards d'euros le besoin en liquidités d'Opel, selon la presse.
La faillite d'Opel coûterait de deux à trois milliards d'euros aux contribuables allemands, a estimé dimanche le ministre allemand des Finances qui prône plutôt d'aider le constructeur automobile en difficulté à survivre. Si 25.000 salariés d'Opel et un nombre semblable d'employés de compagnies sous-traitantes étaient licenciés en Allemagne cela aurait un coût élevé en terme d'allocations chômage et de manque à gagner en impôts, a estimé Peer Steinbrück à la chaîne de télévision ARD. "Est-ce que ce ne serait pas plus logique de fournir une aide afin que ces personnes puissent continuer à gagner leur pain?" s'est interrogé le ministre.
Le ministre a toutefois estimé qu'il appartient d'abord à Opel de prendre des mesures pour assurer sa survie. "Je veux d'abord voir un programme de restructuration de l'entreprise. Je veux d'abord voir quels efforts ils sont prêts à faire avant d'envisager, en dernier recours, si l'Etat doit accorder des garantis", a affirmé le ministre. Opel a indiqué ce weekend qu'un programme de restructuration de l'entreprise pourrait être prochainement annoncé.