Accor maintient le cap

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Publié le 25 février 2009.

Le groupe hôtelier annonce un bénéfice net de 575 millions d'euros, et propose un dividende inchangé à 1,65 euro par action.

Changement au conseil d'administration, mais pas dans la stratégie. Le groupe hôtelier Accor annonce ce mercredi 25 février un plongeon de 34,9% de son résultat net annuel à 575 millions d'euros, en raison d'une hausse des loyers, de moindres plus-values de cessions et de la détérioration rapide de la conjoncture économique.

La refonte du conseil d'administration du groupe, dont 6 membres y compris le président, Serge Weinberg, ont annoncé leur démission mardi soir, ne devrait pas avoir d'impact sur sa stratégie - cette dernière n'est que retardée par la crise. En outre, un conseil "resserré" doit être l'occasion d'échanger plus souvent avec l'équipe de direction, a assuré son nouveau président, Gilles Pélisson, au cours d'une rencontre avec la presse.

L'an dernier, le résultat courant avant impôts et éléments non récurrents - un indicateur de performance suivi par le marché et le groupe - s'est établi à 875 millions d'euros, contre 907 millions d'euros un an plus tôt. Il se situe dans le bas de la fourchette de prévisions annoncée au marché en octobre dernier, qui avait été revue à la baisse. Le dividende au titre de l'exercice 2008 est fixé à 1,65 euro par action, un niveau stable par rapport à celui de l'exercice précédent.

Le chiffre d'affaires annuel a reculé de 4,7% à 7,7 milliards d'euros. Mais son résultat brut d'exploitation a diminué moins rapidement, de 1,3% à 2,29 milliards d'euros, grâce à une contribution en forte augmentation provenant des services prépayés (titres transport, chèques cadeaux, tickets restaurant...). Celle-ci a progressé de 12,8% à 426 millions d'euros, confortant les services dans leur rôle de "machine à cash" pour Accor. Une scission entre les deux métiers est donc exclue dans le contexte actuel.

Face à une conjoncture qui s'est détériorée, Accor annonce cependant de nouvelles mesures d'économies - 100 millions d'euros sur les coûts de support en 2009-2010, dont 75 millions cette année; une réduction des investissements de rénovation à hauteur de 125 millions d'euros en 2009. L'enveloppe consacrée au développement hôtelier du groupe est donc ramenée de 500 à 400 millions d'euros. Le groupe réduit ses efforts sur le haut et le milieu de gamme de son offre hôtelière, mais poursuit ses investissements dans l'hôtellerie économique, son segment d'activité hôtelière le plus profitable. Dans la rénovation d'hôtels, Accor a dépensé 444 millions d'euros en 2008, montant qui tombera à 306 millions d'euros cette année.

L'enveloppe totale des investissements de rénovation et de maintenance sera de 365 millions d'euros cette année, montant qui pourra être ramené à 300 millions d'euros si la conjoncture continue à fortement se détériorer, a indiqué mercredi Gilles Pélisson, au cours d'une réunion avec des analystes financiers plus tôt dans la journée.

Le groupe s'est également dit à l'affût d'acquisitions d'hôtels pour compléter ponctuellement son offre et regarde les marchés de l'Espagne, du Royaume-Uni, de l'Italie et de l'Allemagne, où l'activité chute et les valorisations reculent. "Dans certains pays, les financements se raréfient et certains propriétaires d'hôtels sont obligés de céder: les opportunités commencent à arriver sur le marché, mais nous ne voulons pas nous précipiter", a affirmé le dirigeant.

Accor ne fixe pas d'objectifs financiers pour l'année en cours. Il prévoit d'ouvrir 30.000 chambres cette année, 35.000 en 2010 et 40.000 au-delà, soit un investissement de 400 millions d'euros pour la part revenant au groupe, qui fait parfois appel à des investisseurs ou des partenaires industriels pour s'implanter dans certains pays - c'est par exemple le cas de l'Inde. Dans les pays émergents, beaucoup de projets du groupe sont décalés. "La thèse du découplage entre pays émergents et pays développés ne tient pas", a indiqué Gilles Pélisson, tout en soulignant qu'Accor a une approche différenciée selon les pays.

En France, le groupe compte recruter entre 4.000 et 4.500 personnes cette année, a indiqué à E24 Cathy Kopp, la directrice des ressources humaines. L'an dernier, Accor a recruté 4.800 collaborateurs en France. L'un des axes du développement en matière de "RH" est la constitution d'une filière d'expertise dans l'optimisation du chiffre d'affaires ou "revenue management", dont un des objectifs consiste à obtenir le meilleur taux d'occupation et le revenu moyen optimum par chambre disponible dans un hôtel donné - une tâche qui revient soit à un "revenue manager" dans l'hôtel, ou au sein d'une plate-forme locale ou régionale.

Accor comptait 478.975 chambres dans le monde au 31 décembre 2008, et 3.982 hôtels. 28.000 chambres ont été ouvertes l'an dernier, dont 17% en Amérique du Nord - Motel 6 a ouvert son millième hôtel l'an dernier - et 29% en Europe. Le développement du groupe se poursuivra, à un rythme un peu ralenti. Mais la crise est plus présentée comme une source d'opportunités pour l'expansion du groupe qu'une phase de repli sur soi. Et les actionnaires de référence - Colony Capital et Eurazeo - semblent pleinement soutenir cette approche.

La Bourse semble un peu moins convaincue. L'action Accor trébuchait de 8,1% à 27,91 euros à 16h16, dans un marché en baisse de 1,2%.

Jocelyn Jovène
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