BNP Paribas confirme ce jeudi une perte de 1,37 milliard d'euros au quatrième trimestre 2008, mais s'estime "bien positionnée" dans l'environnement difficile de 2009. La perte trimestrielle s'explique par une multiplication par plus de 3 du coût du risque au cours du trimestre, à 2,55 milliards d'euros, et par l'effondrement des revenus des métiers de gestion d'actifs et de banque de financement et d'investissement (BFI).
L'établissement versera un dividende de 1 euro par action contre 3,35 euros au titre de l'exercice 2007, avec l'option d'un paiement en action.
Sur l'ensemble de l'année, le résultat net de BNP Paribas ressort à 3,02 milliards d'euros contre 7,82 milliards d'euros en 2007. Le produit net bancaire du groupe a reculé de 11,8% à 27,38 milliards d'euros, reflétant la chute d'activité dans les pôles de gestion d'actifs (-6,3%) et de BFI (-39,1%). BNP a annoncé mercredi soir que les deux activités les plus touchées par la crise vont échanger leurs responsables.
Le coûts du risque est passé en un an de 1,7 à 5,6 milliards d'euros, reflétant "la dégradation de l'environnement économique aux Etats-Unis, en Espagne, en Ukraine, alliée aux nombreux défauts de contreparties dans des marchés financiers disloqués". Cette dégradation de l'environnement économique aura coûté plus de 2 milliards d'euros à la banque en 2008.
Son ratio de solvabilité fin 2008 s'établit à 7,8%. En prenant en compte la deuxième tranche du plan d'aide du gouvernement français au secteur bancaire, à laquelle la banque a décidé de souscrire, ce ratio sera porté à 8,4%.
Le groupe bancaire annonce une politique de diminution de prise du risque, à travers plan de réduction des actifs pondérés, notamment dans sa BFI et le "renforcement du capital par la génération de résutlats et la stabilisation de sa base de coûts".
"Il est bon d'avoir 75% des revenus réalisés en Europe de l'Ouest", a déclaré Baudoin Prot, le directeur général de BNP Paribas, au cours d'une conférence de presse. "La France sera le marché le plus résistant d'Europe. L'Italie sera un peu moins résistante, mais davantage que le Royaume-Uni, l'Espagne ou l'Europe centrale", a prédit le dirigeant. La France et l'Italie ont représenté l'an dernier 59% des revenus de la banque.
Dans la BFI, Le groupe va réduire de 5% sa base de coûts hors rémunérations variables. BNP veut aussi trouver des gains de productivité dans son activité de gestion d'actifs. Des mesures de réduction des coûts seront également mises en place dans les activités de finance personnelle, où l'augmentation du coût du risque a été particulièrement forte l'an dernier.
Compte tenu des aides reçues, la banque s'engage à accroître ses encours de crédit de 4% cette année dans les réseaux de banque de détail en France. En Italie, BNL poursuivra son développement avec l'ouverture de nouvelles agences.
Concernant Fortis, dont les actionnaires ont rejeté un projet de rachat partiel par BNP Paribas, Baudoin Prot a estimé que sa banque "a fait beaucoup d'efforts", et a souligné qu'il y a "toujours un espoir tant que le protocole d'accord, dont l'échéance est fixée au 28 février, n'arrive pas à son terme". Le dirigeant s'est néanmoins refusé à toute conjecture concernant une "situation riche et complexe". Prot a néanmoins appelé les actionnaires de Fortis à "prendre en compte la réalité de l'environnement économique et la baisse de valeur de l'ensemble des banques".