C'est le deuxième revers pour l'équipe de direction de BNP Paribas en moins d'un mois. Fin janvier, la banque était contrainte de publier une estimation de ses résultats pour 2008 afin de rassurer le marché, après avoir maintes fois déclaré qu'elle n'avait pas besoin de faire appel à ses actionnaires et que sa situation financière lui permettait de faire face à la conjoncture.
Ce mercredi 11 février, la banque de la rue d'Antin apprend des actionnaires de Fortis qu'elle ne pourra pas reprendre comme prévu les activités bancaires du bancassureur, malgré des termes modifiés fin janvier.
Après les dernières déclarations de Baudoin Prot, il est probable que le groupe bancaire décide de jeter l'éponge. Contacté par l'agence Dow Jones, BNP n'a pas souhaité faire de commentaire, mais devrait, dans la soirée, diffuser un communiqué sur sa position.
L'acquisition de Fortis avait un intérêt non négligeable pour BNP: elle lui permettait de renforcer ses activités de banque de détail, d'accroître rapidement sa base de dépôts et d'améliorer son ratio de solvabilité de 35 points de base. Une hausse qui semble limitée, mais dans une période où la conjoncture se détériore rapidement, les effets diversifiant du rachat de Fortis ne pouvaient qu'être salutaires pour l'établissement bancaire.
Ce rejet pourrait alimenter les incertitudes concernant BNP Paribas, selon un analyste. Ce dernier ajoute cependant qu'avec une chute de presque 9% depuis le début de l'année et de 59% depuis l'annonce de l'acquisition des activités de Fortis le 6 octobre 2008, les mauvaises nouvelles sont déjà bien intégrées par le marché.
L'action BNP Paribas clôture la séance du 11 février sur une baisse de 2% à 27,77 euros. Le groupe doit présenter ses résultats annuels la semaine prochaine et sera peut-être en mesure de donner des perspectives stratégiques à ses propres actionnaires.