Les grands magasins américains n'ont pas connu de pire Noël depuis 1969. Ils ont vu leurs ventes baisser de 1,8% lors de la semaine de Noël, a annoncé mardi 30 décembre le Conseil international des centres commerciaux (ICSC). Au total, les ventes ont chuté entre 2,5% et 4% durant les semaines précédant les fêtes, selon l'observatoire de MasterCard. Des statistiques qui font mal: les distributeurs réalisent traditionnellement 40% de leur chiffre d'affaires annuel entre fin novembre et fin décembre.
Ces chiffres ne sont pas surprenants. D'abord, le mauvais temps ayant précédé Noël a fait fuir les clients, avance l'ICSC. Mais surtout, les ménages américains ont le moral au plus bas à cause de la crise et leur consommation baisse continuellement depuis cinq mois. Dernier chiffre en date, les dépenses des ménages ont baissé de 0,6% en novembre.
Même les secteurs réputés pour leur résistance aux retournements économiques connaissent des difficultés, comme les magasins de jouet. Les ventes de ces derniers devraient dégringoler de 5% en 2008, selon un analyste de Needham & Company cité par le New York Times. Symbole de la mauvaise santé du jouet, Parent Company, un vendeur en ligne de produits pour enfants, s'est placé dès le lendemain de Noël sous la protection de la loi des faillites –le fameux chapitre 11.
Parent Company ne fait qu'allonger la liste déjà longue d'enseignes de la grande distribution ne pouvant plus rembourser leurs créanciers. Une véritable lame de fond qui devrait continuer à avancer début 2009, prédisent les analystes. Plus de 25% des 182 grands distributeurs américains se trouvent en effet dans une situation financière difficile pouvant déboucher sur une faillite, d'après le cabinet AlixPartner.
Pour s'en sortir, les chaînes devraient réduire la voilure. Plus de 148.000 magasins auraient baissé définitivement le rideau en 2008, selon l'estimation du Conseil international des centres commerciaux. Et 73.000 fermetures supplémentaires sont attendues début 2009.
Les vendeurs en ligne eux-même sont touchés en cette fin d'année catastrophique. Habitué à une croissance annuelle de 20%, le secteur a dû faire face à sa première baisse des ventes en période de Noël (-2%), rapporte le Wall Street Journal. Et encore, ce résultat n'a été décroché qu'à coups d'offres spéciales qui ont dangereusement rogné les marges. Mauvais présage pour 2009.