La trésorerie des PME, c'est le nerf de la guerre

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Publié le 23 octobre 2008.

Les crises n’ont pas que du mauvais. Elles secouent le cocotier et les entreprises les plus faibles, celles qui n’avaient de toute façon aucun avenir, tombent. C’est cruel mais la collectivité économique s’en trouve paradoxalement renforcée. Ce qui est vraiment dangereux, c’est quand des entreprises qui marchent bien, qui font du chiffre d’affaires, qui ont des commandes, boivent quand même la tasse parce que les clients ne payent pas, qu’il faut régler les fournisseurs et que les banques regardent ailleurs.

C’est exactement ce qui se passe en ce moment en France. Au troisième trimestre, avant même que la crise balaie la finance mondiale, les défaillances ont commencé à se multiplier: 11.407 sont tombées pendant l’été. Du jamais vu et plein de talents envolés à cette occasion. Toutes ces PME et TPE liquidées, ce sont des emplois en moins, des familles sans revenu, moins de consommation, moins de croissance.

A Annecy, Nicolas Sarkozy a-t-il apporté une solution au problème?

En partie seulement. Bien sûr, exempter les nouveaux investissements de taxe professionnelle est une bonne idée. La taxe Pro est un impôt néfaste qui bride l’investissement. Bien sûr, il est utile de pousser les assureurs crédit à jouer le jeu pendant la crise et à ne pas abandonner les boites les plus fragiles, mais j’ai du mal croire que de grandes réunions de préfets et de Trésoriers payeurs généraux (TPG) viendront à bout des inquiétudes des assureurs. Ils auront beau "dresser un tableau complet de la situation du crédit dans leur région", on peut craindre que le rapport en question finisse sur une étagère. Et puis nommer un "médiateur du crédit " auquel le patron asphyxié devrait s'adresser, c'est mal connaître les rythmes frénétiques auquel le petit patron est soumis. Au lieu de cela, le président aurait dû sonner directement à la porte des deux ténors de l’assurance crédit, Coface et Euler Hermes SFAC. Nicolas Sarkozy prêche à juste titre la transparence. Pourquoi omet-il de citer les acteurs qui participent à l’étranglement du crédit?

Et puis, pour aider les TPE-PME dans la tourmente, il y a plus simple. Au lieu de les pousser à s’endetter, il faut détendre leur trésorerie. Au Royaume-Uni, un pays qui pratique déjà des délais de paiement beaucoup plus courts qu’en France, Gordon Brown vient de ramener ce délai de 30 à 10 jours pour tous les versements en provenance du secteur public. Le président aurait pu s’en inspirer. Pour l’instant, c’est l’Unedic qui a fait un geste en offrant des délais, ce qui représente un coup de pouce de 300 millions d’euros à la trésorerie des TPE. L'Etat pourrait par exemple rembourser la TVA deux fois plus vite. Redresser sa trésorerie sans avoir à passer par la case banque, c’est quand même mieux. Surtout que le coût du crédit augmente.

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