Malgré la récession économique, une majorité de dirigeants d'entreprises estiment qu'ils réaliseront en 2009 une opération de croissance externe, si l'on en croit un sondage réalisé par The Economist Intelligence Unit (EIU) pour le compte du cabinet d'avocats Norton Rose.
"55% des directions générales ayant répondu à l'étude considèrent que les prévisions pour leur entreprise sont bonnes", note l'étude. C'est certes beaucoup moins que les 89% d'opinions positives en janvier 2007, mais à l'époque, l'économie était dans une situation bien meilleure. En outre, la crise n'a pas empêché la poursuite des opérations de croissance externe et les rapprochements, l'exemple le plus parlant de ce point de vue étant le rapprochement entre Pfizer et Wyeth.
L'étude note que la valeur des transactions devrait diminuer fortement cette année. Et ce, après une année 2008 qui n'a pas été formidable malgré quelques grosses opérations comme le rachat d'Anheuser Busch par Inbev ou la reprise de Merrill Lynch par Bank of America. Les opérations de fusions-acquisitions devraient atteindre 2.000 milliards de dollars en 2009, après 3.100 milliards en 2008 et un record à 4.400 milliards en 2007, affirme l'étude de The Economist Intelligence Unit.
"Les directeurs généraux disposant d'une importante trésorerie restent attentifs aux opportunités de fusions-acquisitions", observe l'étude. "La crise actuelle va conduire à une redistribution des cartes dans des secteurs d'activité où la situation semblait jusqu'ici figée", note Anne-Sylvie Vassenaix-Paxton, associée chez Norton Rose. Les douze prochains mois pourraient constituer l'occasion pour certains groupes "d'étendre leur franchise" dans un domaine d'activité donné.
Le secteur bancaire devrait être celui où le plus d'opérations de fusions-acquisitions auront lieu cette année. "Les vendeurs forcés offriront des conditions de prix attrayantes pour les banques les plus solides", note l'étude, estimant même qu'il s'agira d'une opportunité "historique" pour les acquéreurs potentiels.
Les groupes vont également profiter de la conjoncture actuelle pour investir dans le marketing, la recherche et développement et préparer ainsi la sortie de crise.
A plus brève échéance, le contrôle des coûts sera une priorité, même s'il sera suivi à plus long terme d'investissement dans le développement géographique, avec, en tête de liste, l'Asie. "Les dirigeants d'entreprise considèrent l'Asie comme une région-clé pour l'investissement dans les 12 prochains mois". La zone devrait également être le lieu où de nombreuses opérations de croissance externe seront exécutées. Un diagnostic qui tranche singulièrement avec le pessimisme ambiant.