François Pérol, l'un des plus proches conseillers de Nicolas Sarkozy mais aussi l'un des plus discrets, pourrait bien être projeté en pleine lumière si sa nomination à la tête de la future deuxième banque française, issue du rapprochement des Caisses d'Epargne et des Banques Populaires est officialisée jeudi 26 février.
Aujourd'hui secrétaire général adjoint de l'Elysée et conseiller économique de Nicolas Sarkozy, François Pérol est au coeur de toutes les grandes décisions prises en matière de politique économique. L'homme a joué un rôle majeur dans le sauvetage de l'industrie bancaire, le soutien à l'industrie automobile ou la recomposition de l'industrie bancaire française, qu'il s'agisse du sauvetage de Dexia ou du fusion des organes centraux des Banques Populaires et des Caisses d'Epargne.
Le transfert de Pérol n'est pas en encore confirmé ni par les banques ni par l'Elysée. Mais selon les journaux Les Echos et La Tribune, ce haut fonctionnaire sera nommé dans les prochains jours pour prendre les rênes du nouvel ensemble dont la création doit être annoncée jeudi 26 février, lors de la présentation des résultats des deux groupes et de leur filiale Natixis, toutes trois en grandes difficultés.
François Pérol et Nicolas Sarkozy se sont connus lorsque ce dernier devient ministre des Finances en 2004. François Pérol, alors directeur adjoint du cabinet de Francis Mer, conserve son poste. Les deux hommes seront sur la brèche avec des dossiers stratégiques comme le sauvetage du groupe d'ingénierie Alstom, alors en grande difficulté.
En 2005, Pérol rejoint la banque d'affaires Rothschild & Cie où il traitera des dossiers dans le secteur des services financiers. Lorsque Nicolas Sarkozy débarque à l'Elysée, c'est François Pérol qu'il choisit pour occuper le poste de secrétaire général adjoint de l'Elysée, aux côté de Claude Guéant, secrétaire général. Avec Raymond Soubie, conseiller du Président en matière sociale, et Henri Guaino, conseiller spécial, François Pérol est la machine à idées du président en matière économique.
Contrairement aux autres conseillers, François Pérol se démarque par sa discrétion. Pas d'interview dans les médias. Ceux qui l'ont cotoyé évoquent un esprit à la fois brillant et modeste, mais habité de convictions profondes d'obédience clairement libérale, à l'origine de débats houleux avec Henri Guaino.
La matière grise économique de l'Elysée est appelée à devenir l'homme d'action chargé de redresser les deux banques mutualistes. Celles-ci connaissent d'importantes difficultés qui seront mises en évidence lors de la publication de leurs résultats jeudi prochain. Les deux établissements doivent recevoir entre 2,5 et 5 milliards d'euros de prêts au titre de la deuxième tranche d'aides aux banques versées par l'Etat (10,5 milliards) pour porter leur solvabilité à plus de 8% de leurs fonds propres. Ces sommes pourraient être converties en actions à terme. L'Etat détiendrait alors entre 15 et 20% du capital de la nouvelle banque.
La possible nomination de François Pérol, qui doit recevoir l'accord de la commission déontologique, fait déjà grincer des dents. Car la future deuxième banque de France risque d'être en conflit d'intérêt vis-à-vis du pouvoir. En outre, sa nomination chamboule la gouvernance prévue par les deux groupes en reléguant les directions des deux banques au second rang.