Scénario catastrophe: le Trésor refuse de rallonger l'enveloppe pour sauver GM malgré son plan de restructuration. Il faut dire que déjà, pour la première tranche, le Sénat avait grincé des dents. Et entre temps, il a eu à approuver, non sans mal, le plan de relance d'Obama. L'affaire n'est donc pas gagnée pour GM et l'hypothèse d'un refus ne peut être écartée. Dans ce cas, le constructeur, à court de trésorerie, devra se résoudre à la faillite. Quelles seraient les vraies implications pour l'industrie américaine? GM s'est essayé à l'exercice.
Quelque 4,7 millions d'américains vivent grâce à l'industrie automobile. "Les producteurs procurent directement 334.000 emplois, dont les deux tiers par GM, Ford et Chrysler. Et indirectement ce sont plus de 4,4 millions d'emplois qui sont concernés, dont 3,7 millions via les concessionnaires ou les garagistes", détaille GM.
L'automobile est donc "le cœur et l'âme" de l'industrie américaine selon ses propres termes. Les Big Three sont les plus gros investisseurs dans le monde de l'industrie. A eux trois, ils ont injectés 225 milliards de dollars dans la seule l'industrie automobile entre 1980 et 2007 contre 40 milliards de dollars pour les autres entreprises de l'ensemble du secteur Industrie.
GM se félicite de proposer de bons emplois, bien payés. "Un million d'employés américains, de retraités et leurs épouses, ainsi que les veuves des anciens salariés, dépendent de la couverture sociale de GM. Et plus de 650.000 retraités américains et leurs descendants bénéficient des pensions payées par GM", précise le groupe.
Si deux des trois constructeurs américains faisaient faillite, ce seraient donc 1,2 million d'emplois qui seraient détruits la première année, selon Anderson Economic Group. Si 100% de la production américaine venait à chuter, 3 millions d'emplois seraient détruit la première année, selon le centre de recherche automobile américain. Pour la Maison Blanche, cela concernerait 1,1 million de pertes d'emplois si un ou plusieurs constructeurs américains venaient à faire faillite. Et la croissance du PIB serait affectée de l'ordre de 1%.
La faillite de GM engendrerait pour sa part 1,3 million destructions d'emplois en 2009 et 2,2 millions en 2010 en comptant les répercussions sur les sous-traitants. L'impact sur le PIB serait immédiat: une baisse de 0,8% dès 2009 puis en 2010. De quoi faire réfléchir le gouvernement américain face aux demandes d'une nouvelle enveloppe budgétaire.