Le président de la compagnie aérienne irlandaise Aer Lingus, actuellement sous le coup d'une offre d'achat à 748 millions d'euros de sa compatriote Ryanair, n'a pas exclu vendredi une alliance avec Air France-KLM pour contrer cette proposition.
Dans une interview au Irish Times, Colm Barrington, qui est en poste depuis le 6 octobre, évoque clairement la possibilité de "trouver un nouvel actionnaire pour assurer que Ryanair ne puisse jamais monter à 51%" du capital.
Actuellement, Ryanair possède 29,82% d'Aer Lingus, acquis en 2006 à l'occasion d'une première offre de rachat qui a échoué. Le gouvernement irlandais possède 25% et le personnel, 18,3%. "S'ils (Ryanair) ne nous attrapent pas cette fois, ils ne nous attraperont plus parce que je ne vais pas rester président pendant trois ans les bras croisés avec ça au-dessus de la tête", prévient M. Barrington.
Le partenaire parfait
Le président indique qu'il a depuis quelque temps examiné "un certain nombre d'options stratégiques". "Je n'ai pas encore trouvé le partenaire parfait que je serais content de soutenir, il y a quelques possibilités, mais encore du travail à faire", a-t-il souligné.
Alors qu'Air France-KLM a déjà été cité par les analystes comme un acheteur possible de la compagnie, M. Barrington estime que "du point de vue du consommateur et du point de vue du pays", Air France-KLM "serait une meilleure option que Ryanair". "Mais ils ne m'ont pas encore appelé", assure-t-il.
Air France-KLM ne fait "pas de commentaire" sur ces propos, a déclaré à l'AFP une porte-parole du groupe aérien franco-néerlandais.
Le patron d'Aer Lingus n'exclut pas non plus une alliance avec un fonds d'investissement. "Ce serait une solution à court terme pour l'indépendance, mais un fonds d'investissement, ça peut aussi être inconstant", observe-t-il.
M. Barrington évoque enfin la possibilité d'émettre des actions, ce qui diluerait mécaniquement la part de Ryanair.