Le premier groupe espagnol de médias, Prisa, qui édite notamment El Pais, a annoncé jeudi 19 février avoir dégagé un bénéfice net 2008 de 83 millions d'euros, en baisse de 56,8%, notamment à cause de l'explosion de ses pertes financières liées au coût de sa dette croissante. Les pertes financières du groupe ont augmenté de 103%, à 397 millions d'euros, avec notamment une hausse de 56,5% à 290 millions d'euros des dépenses liées au besoin de financement du groupe, alors que Prisa ploie sous une dette de 5,04 milliards d'euros, contre 3,21 milliards d'euros un an plus tôt.
En 2008, le groupe s'est endetté pour pouvoir lancer une OPA sur sa filiale Sogecable, en ayant dans l'idée d'en revendre une partie après l'opération. Mais il ne trouve pas pour l'instant de repreneur et se débat avec ses créanciers. "Le coût de l'intérêt du financement a augmenté de 104,98 millions d'euros, ce qui est autant dû à la hausse du taux d'intérêt moyen qu'à un plus lourd endettement pour faire face aux nouvelles acquisitions, essentiellement Sogecable", selon le communiqué.
L'excédent brut d'exploitation (Ebitda) a progressé de 21,6% à 948,34 millions d'euros, tandis que le chiffre d'affaires a augmenté de 8,3% à 4 milliards d'euros. Les recettes publicitaires du groupe ont reculé de 4,9% à 1,06 milliard d'euros. Ce repli relativement modéré en temps de crise économique se doit au maintien des recettes audiovisuelles, à 491 millions d'euros, alors que les recettes de la presse papier ont baissé de 19,4% à 219,5 millions d'euros.
Les recettes générées par le fleuron du groupe, le journal El Pais, premier quotidien généraliste payant d'Espagne, ont baissé de 22,1% à 170 millions d'euros. "Le secteur des médias est sensible à l'évolution des principales variables macroéconomiques, et en particulier au cycle publicitaire, directement lié à l'évolution du PIB" (produit intérieur brut, ndlr), relève le groupe. "Pour autant, l'exposition du groupe Prisa à l'évolution du marché publicitaire est limitée, en raison de la diversification des sources de revenus", affirme le groupe, qui ajoute que sa position de leader du secteur lui permet aussi d'amortir le choc des baisses de recettes de publicité.
Le groupe espère, grâce à sa position et à sa politique, "gérer de manière plus flexible et efficace l'impact négatif que devrait avoir l'environnement économique espagnol et international" en 2009.