L'assureur américain AIG veut renégocier avec le gouvernement américain les termes du plan de sauvetage dont il a bénéficié, une fois qu'il aura bien avancé dans son programme de cession d'actifs, déclare son PDG Edward Liddy dans un entretien publié mardi par le Wall Street Journal.
"Dès que nous aurons bien progressé dans les ventes d'actifs et remboursé la dette [le prêt consenti par l'Etat fédéral américain, NDLR], nous avons l'intention de retourner à Washington et de négocier avec les nouveau secrétaire au Trésor", déclare M. Liddy dans cet entretien mis en ligne sur le site internet du journal.
La Réserve fédérale américaine était venue en aide à AIG en lui accordant en septembre une facilité de crédit de 85 milliards de dollars pour lui éviter la faillite. En échange de ce crédit, augmenté par la suite de 37,5 milliards de dollars, AIG devait notamment céder un certain nombre d'actifs pour réduire sa taille et rembourser l'Etat avec le produit de ces cessions.
A la mi-novembre, les autorités américaines ont restructuré leur aide au groupe, la portant à plus de 150 milliards de dollars, dont 60 milliards sous forme d'un prêt de la Fed et 40 milliards de dollars injecté directement dans le capital du groupe en échange d'une prise de participation de l'Etat rapportant un dividende de 10% par an.
"Nous aimerions beaucoup que le taux d'intérêt sur les [actions] prioritaires [de l'Etat] soit moins élevé", a déclaré M. Liddy, qui a pris la tête de l'assureur en difficulté à l'occasion de son sauvetage par les autorités.
"Et je pense personnellement que les 79,9%" du capital détenus désormais par l'Etat "sont une participation trop importante. Cela étouffe en quelque sorte" tout investissement privé, a-t-il ajouté.
AIG a déjà entamé son programme de cession d'actifs. Il a récemment dénoué les liens qui l'unissaient au groupe financier Unibanco au Brésil et a annoncé lundi avoir cédé sa banque privée suisse, a priori pour 254 millions de dollars.