Ils sont prêts à en découdre. Les députés européens ont fustigé lundi 15 décembre le projet de loi sur le temps de travail proposé par les Etats et se sont dits prêts à un bras de fer pour modifier certaines dispositions, notamment les dérogations au-delà des 48 heures hebdomadaires. Appelés à se prononcer mercredi 17 en deuxième lecture sur l'accord conclu entre les 27 en juin à ce sujet, les eurodéputés semblent déterminés à forcer les Etats membres à de longues et difficiles négociations de conciliation.
Le compromis négocié par les 27 prévoit notamment que la durée maximale hebdomadaire de travail pourra atteindre 60 ou 65 heures pour les employés acceptant, à titre individuel, de déroger aux 48 heures hebdomadaires, et que ce plafond puisse être dépassé en cas de conventions collectives.
"Il y a ici une large majorité pour dire que les hommes ne sont pas des machines, et que la santé, la sécurité et la vie familiale passent avant tout", s'est réjoui le rapporteur du texte, le socialiste espagnol Alejandro Cercas. "Voulez-vous vous être traités par un médecin fatigué, ou le rencontrer dans la rue en voiture après son service?", a demandé la Verte allemande Elisabeth Schroedter, alors que plus de 250 médecins européens avaient manifesté quelques heures auparavant devant le Parlement pour protester contre le texte.
Il introduit en particulier pour la première fois la définition de "périodes de garde inactives", qui pourront ne plus être comptabilisées comme du temps de travail pour de nombreuses professions, notamment médicales. Au nom de la présidence française de l'UE, Valérie Létard, secrétaire d'Etat à la Solidarité, a souligné que la position commune trouvée en juin par les 27 "est sans doute le meilleur compromis, compte tenu de l'état des forces" en Europe, et a appelé les eurodéputés à ne pas rejeter le texte lors du vote prévu mercredi.