"Donner un coup de main aux entreprises"

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Publié le 23 octobre 2008.

Le moral des patrons est au plus bas depuis 1993. Les défaillances d'entreprises s'accélèrent. Les syndicats patronaux affichent leur inquiétude. Le Medef n'hésite pas à parler de "danger de mort" pour certaines entreprises et la CGPME demande, elle, "un new deal pour les PME." C'est dans ce contexte de crise que Nicolas Sarkozy doit annoncer, jeudi midi à Annecy, des mesures pour soutenir l'économie.

Avant le discours du président de la République, Jean-Eudes Du Mesnil du Buisson, secrétaire général de la CGPME, explique à E24 les besoins immédiats des entreprises.

Quelles mesures seraient utiles aux PME aujourd'hui?

Nous avons des remontées de l'ensemble des PME sur la tension qui existe sur leur trésorerie. Il faut leur donner un coup de main. Elles ont des problèmes avec leurs banques à qui elles doivent payer des indemnités. Nous souhaiterions pouvoir geler, en cette période de crise, les indemnités de retard pour les entreprises qui ne sont pas coutumières du fait. Selon une étude que nous avons faite, sur 1.500 entreprises, plus de 36% vivent des relations difficiles avec leur banquier. Dans la pratique, il y a donc une vraie tension, les banques demandent par exemple beaucoup plus de garanties qu'avant. Nous aimerions que se mette en place une procédure d'alerte d'un délai de 60 jours avant que la banque ne lâche l'entreprise. Nous demandons simplement plus de transparence. Quand vous êtes une entreprise, vous êtes notée par votre banque sur votre capacité de financement. Il faudrait que les banques communiquent cette note à l'entreprise pour que celle-ci puisse corriger sa situation. Les banques savent prendre des risques financiers, elles doivent savoir en prendre avec les PME.

Au-delà des banques, quelles autres mesures pourraient être prises?

Il faudrait soutenir les futurs investissements mais également ceux déjà réalisés, par le biais de la taxe professionnelle ou du crédit d'impôt recherche.

L'enveloppe de 22 milliards, dont 4 milliards alloués à Oséo, déjà annoncée par le gouvernement répond-elle à vos attentes?

Nous avons besoin que le mécanisme se mette immédiatement en place et que la marche à suivre soit connue de toutes les entreprises.

Un fonds souverain à la française, comme devrait l'annoncer Nicolas Sarkozy, serait-il utile?

C'est une proposition que nous avions faite. Il pourrait toucher les entreprises de taille moyenne qui ne sont pas assez importantes en France, ce qui explique notre retard sur nos exportations par rapport à l'Allemagne, par exemple. Nous avons en effet proposé que la Caisse de dépôt puisse participer, de façon transitoire, au capital d'entreprises mais sans obtenir de droit de vote. Sinon, il s'agirait de nationalisation, ce qui n'est pas souhaitable.

Propos recueillis par Delphine Halgand
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