Bruxelles dit étudier un mécanisme d'entreaide financière entre pays. Car, faute d'un budget conséquent et d'un pouvoir d'assistance aux pays européens, la Commission européenne n'a actuellement aucun moyen pour aider un pays comme la Grèce.
En outre, la Banque centrale européenne n'a pas le droit d'acheter la dette des Etats. Et l'Europe est très réservée sur le principe de devoir demander une aide du FMI, plutôt réservée aux pays en développement dont les monnaies sont fragiles.
Pour sortir de ce dilemme, la Commission européenne pousse un projet de création de Fonds monétaire européen calqué sur le type du Fonds monétaire international (FMI). Une première discussion est prévue mardi en son sein.
Une intervention du fonds serait conditionnée à des mesures d'austérités, d'une sorte de tutelle sur les finances publiques comme le fait le FMI, semble plaider l'Allemagne. Berlin envisagerait même pour les pays aidés la suppression de subventions européennes, le retrait temporaire de droits de vote lors des réunions ministérielles de l'UE, voire une exclusion provisoire de la zone euro, selon le Financial Times.
La Grèce, l'élément déclencheur
A l'heure actuelle, l'Union européenne dispose paradoxalement d'un système de prêts d'urgence pour ses pays en difficulté, à l'exception de ceux faisant partie de la zone euro. Il a été utilisé l'an dernier pour des pays comme la Lettonie, la Hongrie et la Roumanie.
"Pour la stabilité de la zone euro, nous avons besoin d'une institution qui dispose des expériences du FMI et de pouvoirs d'intervention analogues", a dit le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble. Un de ses porte-parole, Michael Offer, a précisé lundi que l'Allemagne agissait de concert avec la France pour promouvoir cette idée, et que M. Schäuble ferait "prochainement des propositions".
L'idée va "au-delà du cas de la Grèce, la Grèce est plutôt le déclencheur", a souligné le porte-parole allemand. "Une Union monétaire doit être en mesure de surmonter elle-même les crises", car demander de l'aide à l'extérieur est "un signe d'affaiblissement de cet espace", a-t-il argumenté.