Après la finalisation d'un accord entre GDF Suez et Gazprom, la visite d'Etat du président russe Dmitri Medvedev pourrait aussi profiter à l'industrie militaire hexagonale.
Nicolas Sarkozy a affirmé que "la France et la Russie" avaient débuté lundi des "négociations exclusives" pour l'achat par Moscou de quatre navires de guerre français de type Mistral, lors d'une conférence de presse conjointe avec le président russe.
Quatre navires
Le premier devrait être "construit à Saint-Nazaire", en Loire-Atlantique, a affirmé le chef de l'Etat qui a jugé "raisonnable" que la France et la Russie en produise chacun deux exemplaires.
Le bâtiment de projection et de commandement de type Mistral est un navire de guerre polyvalent pouvant transporter des hélicoptères comme des chars d'assaut ou accueillir un état-major embarqué.
Il en existe deux exemplaires dans la Marine française, l'un nommé Mistral, l'autre le Tonnerre. Il s'agit des deux plus gros navires de guerre français derrière le porte-avions Charles de Gaulle.
Critiques
Un éventuel accord franco-russe sur ce dossier est très critiqué, notamment par les Etats-Unis, l'Europe orientale, les pays Baltes et la Géorgie. Ces dernies pays craignent l'acquisition par Moscou de plusieurs navires de guerre qui menaceraient leur sécurité.
Nicolas Sarkozy a donc voulu rassurer ses partenaires de l'Otan. Il a précisé que le Mistral est "un navire de commandement porte-hélicoptère que nous fabriquerons pour les Russes sans équipement militaire".
"Cohérence"
Le président de la République a aussi appelé à de la cohérence dans la stratégie diplomatique avec Moscou.
"Comment dire aux dirigeants russes on a besoin de vous pour faire la paix, on a besoin de vous pour résoudre un certain nombre de crises dans le monde, notamment la crise iranienne qui est très importante, mais on ne vous fait pas confiance, on ne travaille pas avec vous sur le Mistral BPC?", s'est interrogé le président français.
"Est-ce qu'on peut dire le matin au président Medvedev votez avec nous au Conseil de sécurité (ndlr: de l'ONU). Elaborons ensemble la même résolution (ndlr: sur un renforcement des sanctions envers Téhéran) et dire l'après-midi que non non, excusez-nous, comme on ne vous fait pas confiance, on ne travaille pas ensemble et le BPC, on ne vous le livre pas!", a insisté Nicolas Sarkozy.