Jamais depuis 1993 les industriels français n'avaient été si déprimés. Selon l'Insee, l'indicateur synthétique du climat des affaires a poursuivi son recul à 88 points en octobre, contre 91 points en septembre. Et, compte tenu de la crise, ce n'est pas fini, prédit l'Insee. "Au vu des perspectives personnelles de production (…), le ralentissement de l'activité se poursuivrait au cours des prochains mois. Les perspectives générales (…) se dégradent de nouveau fortement", indique l'Insee.
Les chefs d'entreprise de l'industrie manufacturière "estiment que leur activité passée a encore faibli", note l'Institut national de la statistique. Ils se montrent également pessimistes pour l'avenir, alors que "les carnets de commandes globaux se dégarnissent et sont jugés inférieurs à la normale". De plus, "les carnets de commandes étrangers restent considérés comme peu étoffés", précise l'Insee. Les industriels estiment que "le ralentissement de l'activité se poursuivrait au cours des prochains mois" et ils tablent également sur "un ralentissement des prix au cours des prochains mois", selon le communiqué.
Stocks
Le moral des industriels n'a cessé de se dégrader depuis décembre 2007. Dans le détail, les entrepreneurs du secteur des biens intermédiaires indiquent que leurs stocks "s'alourdissent sensiblement et sont désormais jugés très supérieurs à la normale". De plus, les carnets de commandes sont "peu étoffés".
Dans les biens de consommation, les industriels ne jugent pas le niveau de leurs stocks supérieur à la normale, mais les carnets de commande sont "plutôt légers". Concernant le secteur automobile, "les carnets de commandes globaux se dégarnissent et sont considérés comme peu étoffés", tandis que ceux à l'étranger sont "jugés très légers". Les industriels de l'agroalimentaire se montrent aussi pessimistes, avec une activité passée "atone", des stocks "très lourds" et des carnets de commandes peu remplis.
Dans les biens d'équipement, les stocks atteignent un niveau jugé normal par les industriels, et les carnets de commandes "restent assez étoffés", même s'ils sont dégarnis. Pour autant, les industriels de cette branche estiment, comme les autres, que l'activité va continuer à faiblir dans les semaines et les mois à venir.