Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a estimé mercredi qu'EADS devait mettre la main au portefeuille pour l'A400M.
"Nous considérons qu'EADS doit payer une part très significative des surcoûts" sur le programme de l'avion militaire, a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue espagnole Carme Chacon Piqueras.
Avec un retard d'au moins trois ans, le coût supplémentaire de l'avion militaire pourrait atteindre 11 milliards d'euros. En 2003, il avait été estimé à 20 milliards d'euros pour 180 appareils.
Alors qu'EADS fait pression sur ses clients pour obtenir une rallonge budgétaire, une étude, commandée par les pays concernés, et publiée aujourd'hui dans la presse allemande, considère que l'avionneur est en mesure de financer ces surcoûts à hauteur de 7,6 milliards d'euros.
Nouvelles négociations
C'est dans ce contexte que s'ouvrira jeudi 21 janvier à Berlin une nouvelle réunion de crise entre les pays clients (Allemagne, France, Espagne, Royaume-Uni, Belgique, Luxembourg et Turquie) et EADS.
La ministre espagnole s'est dite "extrêmement optimiste à l'égard de la réunion de demain", soulignant que les nations avaient "entre les mains un avion extrêmement compétitif".
"Nous recueillons les fruits de la réunion de Séville, de la réunion de Londres et l'Espagne est disposée à faire tous les efforts vis-à-vis des nations car EADS sait quelles sont ses obligations et je crois que c'est dans cet esprit que la réunion est abordée demain", a-t-elle ajouté.
Les deux ministres ont par ailleurs souligné leur "conviction d'avoir une Europe de la défense forte grâce à une industrie européenne de la défense forte". Le président exécutif d'EADS, Louis Gallois, avait lui aussi déclaré mardi 19 janvier que le groupe abordait la négociation avec "la volonté d'aboutir".