Le Parlement australien a rejeté ce mercredi un plan gouvernemental en faveur d'une réduction des émissions de gaz à effet de serre, un cinglant camouflet pour le Premier ministre Kevin Rudd qui a fait de l'environnement une priorité de son mandat.
Pour la deuxième fois en trois mois, le Sénat s'est opposé -par 41 voix contre 31- au plan de réduction de la pollution au carbone (Carbon Pollution Reduction Scheme, CPRS), que l'opposition conservatrice s'était juré de faire capoter.
Le projet présenté par le gouvernement du Premier ministre Kevin Rudd prévoit une diminution d'ici 2020 des émissions de gaz à effet de serre comprise entre 5% et 25%, par rapport au niveau de 2000.
Nouvelle tentative
Ce nouvel échec confère théoriquement au gouvernement les pouvoirs de dissoudre le parlement et de convoquer des élections anticipés. Mais les travaillistes au pouvoir ont affirmé écarter cette possibilité dans l'immédiat. "Nous soumettrons le projet de nouveau au parlement nous essaierons de le faire passer", a assuré à des journalistes la vice-Premier ministre Julia Gillard. "Toutes les options restent sur la table", a-t-elle ajouté.
Les lobbies industriel et agricole sont opposés au plan du gouvernement, soutenus par l'opposition conservatrice qui a désigné mardi son nouveau chef de file, Tony Abbott. Adversaire déclaré du projet de loi contre le réchauffement climatique, M. Abbott avait promis mardi de saborder le texte. Il avait ainsi prévenu que le Parti libéral (conservateur) allait tenter de retarder le vote ou enterrer le projet devant la chambre haute du parlement, où aucun parti ne détient la majorité.
A quelques jours de Copenhague
Ce nouvel échec intervient également à quelques jours de la
Or l'Australie est loin d'avoir tenu ses engagements. Selon le classement IWR, les émissions de CO2 australiennes ont bondi de 37% entre 1990 et 2008 alors que l'objectif à 2012 est de +8% seulement. Le pays a du retard à rattrapper et ne pourra le faire sans une véritable politique volontariste. Compte tenu de la position du Parlement national, c'est loin d'être gagné.