Matignon a décidé de rappeler à l'ordre les patrons d'Areva et d'EDF. A couteaux tirés depuis quelques jours, François Fillon a convoqué mercredi après-midi Anne Lauvergeon et Henri Proglio.
Le premier ministre s'entretiendra avec les deux responsables à 16H00 et entend leur rappeler le discours "qu'il leur avait tenu lors d'une récente visite de l'EPR de Flamanville (Manche)", à savoir "qu'ils doivent agir en partenaires et non pas en concurrents", a précisé son entourage.
"Ce sont deux entreprises qui sont liées, il ne peut y avoir de concurrence" et "l'Etat est le garant du bon fonctionnement de la filière", souligne-t-on de même source.
Dissenssions
Il faut dire que les polémiques entre les deux groupes ne cessent d'enfler. Lundi 18 janvier, EDF a accusé Areva d'avoir interrompu les opérations d'approvisionnement en uranium de ses 58 centrales françaises.
Une information tout de suite démentie par le principal intéressé qui a indiqué que, du fait de l'expiration du contrat, seuls le transport et le traitement des déchets nucléaires avaient été suspendus.
Critiques sur Abou Dhabi
Dans la même journée, Anne Lauvergeon a de nouveau attaqué EDF dans un entretien au journal Le Monde. En cause cette fois-ci: l'échec retentissant de la candidature du consortium français pour la construction de quatre réacteurs EPR à Abou Dhabi en décembre dernier, notamment en raison d'un manque de coordination entre les acteurs.
"EDF a une espèce de rêve universel d'être le nucléaire à l'international en oubliant un tout petit peu que ça commence à domicile, dans le stade de France", a notamment critiqué Anne Lauvergeon.
Lors de son arrivée à la tête du groupe en novembre, Henri Proglio n'avait pas caché son ambition de réorganiser la filière nucléaire et d'en prendre la tête, avant de se faire rappeler à l'ordre par le gouvernement.
"Le leader, c'est l'Etat", avait notamment insisté François Fillon lors de la visite du réacteur de 3e génération de la Manche. Et l'entretien de ce mercredi à Matignon devrait être une nouvelle occasion de le rappeler.