Le groupe de matériaux de construction français Lafarge a annoncé une perte nette de 17 millions d'euros au premier trimestre 2009, contre un bénéfice net de 150 millions d'euros un an plus tôt, et a souligné l'avancement de son plan de restructuration et de réduction de sa dette.
Les "résultats du premier trimestre (...) se traduisent habituellement par un résultat faible qui ne préfigure pas des résultats de l'année pleine ou des trimestres à venir", explique mercredi 6 mai Lafarge dans un communiqué. Le résultat d’exploitation courant du premier trimestre est en baisse de 35% de 512 millions d'euros à 335 millions d'euros. Pour les pays développés, il est en en baisse de 127 millions d'euros à -71 millions d'euros. Par contre pour les pays émergents il est en hausse de 385 millions d'euros à 406 millions d'euros. Le chiffre d'affaires a pour sa part baissé de 9%, à 3,62 milliards d'euros.
"Le ralentissement économique et les mauvaises conditions météorologiques ont eu un effet négatif sur les volumes et les marges", explique Lafarge. Mais Lafarge souligne qu'il "bénéficie pleinement de son portefeuille géographique d’actifs cimentiers, avec notamment une croissance en volumes de 17% au Moyen-Orient, de 9% en Afrique et de 7% en Asie".
Le résultat net par action, ajusté pour prendre en compte l’augmentation de capital d'un montant de 1,5 milliard d'euros réalisée le 28 avril, est en repli à -0,08 euro contre +0,69 euro au premier trimestre 2008. Le résultat de l'augmentation de capital a été affecté à la réduction des tranches A1 et A2 de la ligne de crédit liée à l’acquisition des activités cimentières de l'Egyptien Orascom. "Le solde restant de la tranche A2 devrait être remboursé avant fin juin 2009 par la nouvelle ligne de crédit disponible de 1 milliard d'euros, faisant disparaître le covenant (engagement, ndlr) qui y était associé", précise Lafarge.
Le groupe a averti qu'en" 2009 les volumes (de vente, ndlr) de ciment sont maintenant attendus en baisse de -2% à -5% avec des contrastes importants entre marchés". Cette "actualisation des perspectives de volumes" traduit "la poursuite du ralentissement en Europe de l’Ouest et de l’Est", selon le communiqué de Lafarge. Toutefois "les prix devraient rester bien orientés dans l’ensemble, mais la baisse des volumes pourrait peser sur les marges opérationnelles", selon le groupe.
Lafarge estime que "les plans de relance annoncés par les gouvernements et la part qu’ils donnent aux grands projets d’infrastructures auront un impact positif sur (les) marchés" du groupe. "Bien que des signes positifs soient déjà visibles en Chine pour 2009", Lafarge estime que "l’impact significatif sur (les) marchés se concrétisera principalement en 2010".
A plus long terme, Lafarge a souligné qu'il poursuit la mise en œuvre rapide du programme de réduction de coûts de 400 millions d'euros d’ici 2011. D'autre part il a déjà réalisé plus de 230 millions d'euros de cessions sur un total annoncé de 1 milliard d'euros en 2009, grâce notamment à la vente de certaines activités turques. L'ensemble des actions menées est "en ligne avec le plan de 3,5 milliards d'euros visant la réduction de la dette", affirme Lafarge.