EPR: "la possibilité d'un accident grave"

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Publié le 8 mars 2010.

Une étude confidentielle interne à EDF, dévoilée par des associations antinucléaires, évoque "la possibilité d'un accident grave" sur le réacteur en construction.

Le réseau Sortir du nucléaire, l'Observatoire du nucléaire et le Comité de réflexion, d'information et de lutte antinucléaire (Crilan) disent avoir tous trois reçu "très récemment" cette étude confidentielle, "provenant de l'intérieur d'EDF et s'appuyant sur des documents internes à celle-ci", précise Didier Anger, président du Crilan, dans un communiqué.

Ces révélations interviennent alors que doit se tenir lundi et mardi une conférence internationale sur la technologie nucléaire à Paris organisée par l'AIEA à l'OCDE et ouverte par Nicolas Sarkozy. Et le 24 mars aura lieu le débat public sur le projet de deuxième réacteur EPR sur le site de la centrale nucléaire de Penly, près de Dieppe (Seine-Maritime).

"Accident de type Tchernobyl"

"Certains modes de pilotage du réacteur EPR peuvent provoquer l'explosion du réacteur à cause d'un accident d'éjection de grappes", précise Philippe Brousse, directeur du réseau Sortir du nucléaire dans un autre communiqué. "Il semble donc bien, poursuit-il, que la conception de l'EPR accroisse le risque d'un accident de type Tchernobyl". "Les grappes servent à contrôler la puissance du réacteur, à le piloter. Ce sont à la fois l'accélérateur et le frein", précise le Crilan. L'accident d'éjection de grappes peut donc "se comparer au blocage de l'accélérateur, à fond", explique le comité.

Dossier sécurité fin 2010

Le réacteur nucléaire de 3e génération a vu ses coûts augmenter et son calendrier se rallonger à cause justement de nouvelles mesures de sécurité importantes. En novembre 2009, les autorités de sécurité nucléaires française, britannique et finlandaise avaient conjointement critiqué des problèmes de sécurité.

EDF a répondu que la sûreté nucléaire était sa priorité, précisant dans un communiqué que l'entreprise adresserait fin 2010 à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) le dossier de mise en service de l'EPR Flamanville 3. La validation par l'ASN du dossier sera un préalable à l'autorisation de mise en service du réacteur.

A ce jour, ce dossier est en cours de finalisation; il fait l'objet de nombreux documents de travail dont aucune conclusion ne peut être tirée tant que les études ne sont pas terminées", précise le communiqué. EDF se dit "confiant sur le résultat de ces études.

TV avec AFP
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