La salon de l'agriculture va se dérouler "dans une ambiance lourde, comme jamais vu", a prévenu un responsable agricole syndical, à la veille de sa 47ème édition.
L'an dernier, les agriculteurs ont subi en moyenne une chute d'un tiers de leurs revenus, un coup dur après une année 2008 déjà difficile (-20%). "C'est la pire crise du monde agricole depuis 30 ans", nous avait affirmé Bruno Le Maire, le ministre de l'agriculture.
"Casse toi, pauvre con"
En première ligne, les producteurs de lait, fer de lance de la contestation dans le monde agricole, qui ont fait grève cet automne pour obtenir une hausse des prix. Deux organisations, l'association des producteurs laitiers indépendants (APLI) et la Coordination rurale (CR), syndicat minoritaire, organiseront lundi un "forum" en plein salon pour critiquer la fin des quotas laitiers et la volatilité des prix. Mercredi, ce sera au tour de la Confédération paysanne, autre syndicat minoritaire, de mener une action pour dénoncer des "revenus en berne".
En dépit de cette ambiance morose, le salon de l'agriculture, qui se tient jusqu'au 7 mars, devrait battre le record de fréquentation de l'an dernier, avec 700.000 visiteurs prévus.
Contrairement aux deux dernières années, le président de la République n'inaugurera pas le salon samedi, mais le clôturera le dernier week-end, "plutôt le samedi 6", selon l'Elysée. La première participation du chef de l'Etat au salon avait été marquée par le fameux "Casse-toi, pauvre con!" lancé à un visiteur qui ne voulait pas lui serrer la main.
OGM
Le salon de l'agriculture met l'accent cette année sur la recherche et l'innovation, une domaine dans lequel la France est en perte de vitesse, ce qui pénalise sa compétitivité au niveau mondial. Echaudé par la polémique sur les OGM, le ministre de l'agriculture veut toutefois avancer "avec prudence" et "pédagogie" dans ce domaine.
"On a confondu la recherche en biotechnologie avec le Monsanto 810", une variété de maïs génétiquement modifié, argumente M. Le Maire. Mais la recherche en biotechnologie est "indispensable" et "nous ferions une erreur historique" en y renonçant.