25 janvier sur TF1. Nicolas Sarkozy le promet, "dans les semaines et mois qui viennent, vous verrez reculer le chômage".
25 février en Seine Maritime. François Fillon le reconnaît, "au moins jusqu'à la mi-2010 on va voir le chômage augmenter".
Alors qui croire ? Au vu des chiffres, le premier ministre semble mieux informé.
Hausse toujours
Pôle emploi a revu à la hausse ses estimations de décembre et vient d'annoncer 20.000 nouveaux chômeurs pour le mois de janvier (+0,7%). Au total, 4,1 millions de Français sont sans aucune activité (catégorie A) ou avec une activité réduite (catégorie B et C), départements d'Outre-mer compris.
Et contrairement aux espoirs de Nicolas Sarkozy, la situation a peu de chances de s'améliorer.
Le gouvernement, lui-même, prévoyait dans son collectif budgétaire de janvier, "une orientation défavorable du marché du travail" qui "ne devrait pas s'inverser rapidement en 2010, en lien avec le décalage habituel entre les évolutions de l'activité et celles de l'emploi".
Même si la hausse chômage devrait ralentir cette année, la plupart des économistes estime que le chômage continuera d'augmenter. Pôle emploi table encore sur 102.000 nouveaux demandeurs d'emplois, contre 604 000 l'année dernière.
"Le plus dur est devant nous"
Jean-Paul Fitoussi, président de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), expliquait pour sa part en décembre, qu'en ce qui concerne l'emploi, "le plus dur est devant nous".
"On commet une indignité (vis-à-vis des chômeurs, ndlr) en affirmant qu'on est sorti de la crise", a affirmé l'économiste. Selon l'OFCE, le taux de chômage devrait atteindre 10,6% de la population active fin 2010 contre 7,8% fin 2008, soit "la plus forte progression observée au cours des 25 dernières années".
Objectif ambitieux
Nicolas Sarkozy se serait donc montré légèrement trop optimiste. Mais pour le secrétaire d'Etat, Laurent Wauquiez, rien d'étonnant à cette différence de point de vue sur le marché du travail français.
"Ce que décrit François Fillon, c'est la situation, ce que fixe le président, c'est l'objectif, en 2010: faire baisser les chiffres du chômage", a-t-il expliqué sur Canal +.
Mais Laurent Wauquiez l'a cependant lui-même reconnu: "l'aggravation forte des chiffres du chômage s'est arrêtée, c'était celle de 2009. (...) On n'est loin cependant d'avoir une amélioration".