A plus de 1.200 dollars l'once, la ruée vers l'or

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Publié le 2 décembre 2009.

Le cours de l'or a atteint mercredi un nouveau record à plus de 1.217 dollars l'once, après franchi la veille pour la première fois la barre des 1.200 dollars.

"Le métal jaune semble prêt à poursuivre son avancée, car il est propulsé en avant par l'appétit généralisé pour le risque, les craintes d'inflation à long terme et la volonté (de part des investisseurs) de diversifier leurs portefeuilles", commentait mercredi James Moore, analyste du cabinet spécialisé TheBullionDesk, ajoutant que le prochain seuil en vue était dorénavant les 1.250 dollars l'once.

Les cours du métal précieux volent depuis plusieurs mois de records en records, bénéficiant selon les analystes d'une conjonction exceptionnelle de facteurs favorables.

Conjonction de facteurs

En premier lieu, l'or bat son plein car il est une valeur refuge ultime en temps de crise et d'inquiétudes. Le cours de l'or reste traditionnellement assez stable car il repose sur une certaine quantité physique d'or existante dans le monde. A l'opposé, les marchés actions restent très nerveux depuis la crise financière et l'injection de liquidités en masse par les banques centrales font craindre un futur risque d'inflation et de dépréciation des monnaies.

En outre, l'or est favorisé par la dépréciation du dollar, qui le rend moins cher pour les investisseurs munis d'autres devises (l'or est coté en dollars). Les épargnants détenant des billets verts sont aussi encouragé à diversifier leurs portefeuilles au détriment de valeurs jugées moins risquées, comme le métal jaune. L'or a également bénéficié d'une série d'achats de réserves d'or par plusieurs banques centrales asiatiques (Sri Lanka, Inde, Ile Maurice), preuve suprême de son attractivité.

Bulle spéculative

Contribuant à renforcer encore l'optimisme des investisseurs pour l'or, le géant minier canadien Barrick Gold, premier producteur mondial d'or, a annoncé mardi qu'il avait racheté tous ses contrats de vente d'or à prix fixe, qui lui faisaient perdre des millions avec la flambée du cours du métal jaune. "L'annonce fait par Barrick hier (mardi) montre la confiance des producteurs dans l'évolution des prix de l'or et elle pourrait déclencher une forte poussée des cours à court terme, en accélérant la fermeture des contrats de couverture des producteurs ayant encore des engagements", estime ainsi M. Moore.

Ces contrats dits de couverture sont généralement utilisés par les sociétés minières pour vendre à prix fixe une partie de leur production future pour se protéger contre une chute anticipée des prix. Mais lorsque le cours d'un métal remonte, une société se retrouve pénalisée parce qu'elle est obligée en vertu de ces contrats de vendre sa production à un prix nettement inférieur au cours du marché, comme c'est le cas avec le métal jaune.

L'or est tellement recherché que certains craignent l'apparition d'une bulle spéculative. "Comme la plupart des acteurs du marché s'attendaient au franchissement des 1.200 dollars l'once et que l'or n'avait cessé de grimper depuis fin octobre, c'était devenu une prophétie auto-réalisatrice", tempère toutefois Andrey Kryuchenkov, du fonds russe VTB Capital.

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