Procès AZF, ce que risque Total

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Publié le 23 février 2009.

Le procès de l'explosion de l'usine AZF de Toulouse, qui s'est ouvert ce lundi 23 février, place le groupe Total sous les projecteurs. Mais que risque vraiment le groupe pétrolier français?

Plus de 1.800 parties civiles, une soixantaine d'avocats, des dizaines d'experts… Le procès pénal de l'explosion de l'usine AZF de Toulouse, qui s'est ouvert ce lundi 23 février, place le groupe Total sous les projecteurs. Indirectement. Seuls sa filiale Grande Paroisse et l'ancien directeur du site, Serge Biechlin, doivent répondre de l'accusation d'homicide involontaire. Pour l'instant. Car une association de victimes a demandé à ce que le groupe Total et son ancien PDG, Thierry Desmarest, les rejoignent sur le banc des accusés. Les juges devront en décider cette semaine.

Sur ce procès, très médiatisé, Total risque peu sur le plan financier, que ce soit directement ou via Grande Paroisse. La peine maximale prévue par la loi envers une personne morale -comme la société Grande Paroisse- jugée coupable d'homicide involontaire s'élève en effet à 225.000 euros. C'est peu, comparé aux 13,9 milliards d'euros de bénéfice réalisés par le groupe en 2008.

C'est peu, aussi, comparé aux sommes déjà versées par Total à la suite de la catastrophe AZF. Le groupe a indiqué avoir versé 2 milliards d'euros au titre de sa "responsabilité civile présumée", à la date du 1er juillet 2004. Une somme qui couvre les demandes de 16.000 dossiers constitués pour dommage corporels et 71.000 pour des dégâts matériels. En plus, Total a versé 15 millions d'euros de dons aux victimes et près de 3 millions d'euros d'aide d'urgence.

Face à l'ampleur de la catastrophe et pour redorer son image, Total s'est engagé à relancer l'activité économique toulousaine. Il a construit une usine de fabrication de panneaux solaires, Tenesol Technologies (4 millions d'euros). Il a aussi fait don des terrains -nettoyés- d'AZF, pour la construction d'un centre de recherche sur le cancer, le Canceropôle, qui devrait ouvrir ses portes courant 2009. Au final, le groupe estime avoir contribué à créer 2.000 emplois sur la zone.

Pour autant, Total n'en a pas fini avec AZF: le groupe a provisionné 256 millions d'euros pour cette affaire au 31 décembre 2008. Des plaintes au civil, si la filiale de Total est reconnue coupable lors du procés pénal, pourraient déboucher sur le versement de nouveaux dommages et intérêts. Le groupe tente d'en minimiser les conséquences grâce à des accords à l'amiable. Il a signé, le 12 janvier dernier, un accord avec la SNPE, une usine voisine d'AZF. La SNPE s'était vu contrainte de fermer son site et de licencier 492 personnes. Au titre de dommages et intérêts, la société réclamait 460 millions d'euros à Total. Selon L'Usine Nouvelle, le pétrolier et l'usine chimique se seraient entendus sur une somme comprise entre 100 et 150 millions d'euros à cette société en échange de l'abandon de toutes poursuites contre Total. Le groupe a intérêt à négocier, question d'image. Mais pas à être trop généreux ce qui reviendrait à admettre sa culpabilité.

Guillaume Guichard
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