Le groupe de médias Vivendi a annoncé jeudi qu'il ne demandait plus qu'un euro symbolique de dommages et intérêts aux actionnaires français s'étant associés aux poursuites en nom collectif contre lui, qui donnent actuellement lieu à un procès à New York.
Dans une lettre adressée à un actionnaire français, communiquée jeudi au juge new-yorkais présidant un procès en nom collectif potentiellement très onéreux, l'avocat français de Vivendi, Me Hervé Pisani, a indiqué que "Vivendi ne sollicitera pas du tribunal de grande instance de Paris (..) le paiement de sommes excédant un euro symbolique par défendeur".
Interdits de procès
La semaine dernière, Vivendi avait poursuivi à Paris les actionnaires français associés à la procédure new-yorkaise, demandant que la justice française leur interdise de participer à ce procès.
L'assignation au Tribunal de grande instance de Paris indiquait que Vivendi demandait un million d'euros de dommages et intérêts. En outre Vivendi souhaitait que le juge français ordonne aux plaignants de se désister de la "class action" (procédure collective) engagée aux Etats-Unis, sous astreinte de 50.000 euros par jour de retard.
Pas d'intimidation
Les avocats du groupe ont fait valoir jeudi au juge new-yorkais que cette procédure parisienne ne constituait aucunement la manoeuvre d'"intimidation" ou de "harcèlement" dont les accusent les parties civiles, selon des documents obtenus par l'AFP.
"La procédure de Paris ne vise pas à "entraver le déroulement de ce procès'", a expliqué Paul Saunders, avocat de Vivendi à New York, mais à "obtenir une décision judiciaire qui pourrait aider cette Cour" à déterminer qui peut s'associer aux poursuites en nom collectif.
Gérard Morel, un petit porteur français se dit avoir été trompé par l'optimisme de Jean-Marie Messier lorsqu'il était PDG du groupe en 2000-02. Il a témoigné jeudi sans que le sujet de la procédure parisienne soit évoqué et fait partie de ceux assignés par Vivendi.
Le groupe de médias court le risque de devoir verser plusieurs milliards de dollars au terme de ce procès en nom collectif. Toutefois, ce risque pourrait être considérablement réduit si les investisseurs français, qui représentent 60% des actionnaires concernés, sont exclus de la procédure.