Groupama a encaissé l'an dernier une chute de 63% de ses profits, affectés par les effets de la crise financière ainsi que par de moindres plus-values. Le groupe a du coup gelé ses projets d'acquisitions et va se concentrer en 2009 sur la consolidation des sociétés acquises en 2007 et 2008 la croissance externe.
L'assureur "a gelé toute nouvelle acquisition", ont indiqué ses dirigeants au cours d'une conférence de presse. "Nous avons des marges de manœuvre réduites. Dès le mois de juin de l'année dernière, nous avons décidé de consacrer nos efforts à l'intégration et la consolidation des sociétés absorbées les deux dernières années", a précisé le directeur général du groupe, Jean Azéma. Groupama avait réalisé plus d'un milliards d'euros d'acquisitions en 2007 et 2008, notamment en Hongrie, en Roumanie, en Turquie et en Tunisie.
De même, la cotation en Bourse de Groupama SA, envisagée de longue date en cas d'acquisition importante, n'apparaît plus à l'ordre du jour. "Ce n'est probablement pas la meilleure période pour s'introduire en Bourse", a estimé Jean Azéma. D'autant qu'une telle opération reposerait sur la réalisation d'une "opération d'acquisition transformante d'au moins 3 milliards d'euros". Celle-ci n'est "pas la priorité", a estimé le président de Groupama, Jean-Luc Baucherel.
Le bénéfice net de Groupama SA, qui regroupe l'ensemble des filiales du groupe et consolide 40% environ du chiffre d'affaires des caisses régionales, s'est effondré de 65% l'an dernier à 273 millions d'euros. Sur le périmètre global, les profits ont chuté de 63% à 342 millions d'euros.
Le résultat de l'assureur pâtit d'une base de comparaison défavorable. En 2007, le groupe a constaté 302 millions d'euros de plus-values liés à la vente de titres du réassureur français Scor (144 millions) et à la cession de la Tour Gan. La crise financière a eu également un impact non négligeable sur les comptes de l'assureur, avec une baisse de valeur des actifs de 162 millions et des dépréciations de 138 millions d'euros.
Le groupe indique dans un communiqué que retraité de ces "éléments exceptionnel", son résultat opérationnel a augmenté de 66%, à 661 millions d'euros, en grande partie grâce à des effets de périmètre. La prise en compte de l'ensemble des résultats des filiales italienne Nuova Tirrena et grecque Groupama Phoenix, acquises en cours d'année 2007, joue ainsi favorablement sur les performances du groupe.
Le chiffre d'affaires consolidé de Groupama enregistre une hausse de 9,2% à 16,2 milliards d'euros, tandis que celui de Groupama SA progresse de 10,8% à 13,4 milliards d'euros. L'international a tiré la croissance de Groupama, avec une hausse de 6,4% du chiffre d'affaires à périmètre et changes constants. En incluant les acquisitions réalisées l'an dernier, les revenus du groupe hors-Hexagone grimpent de 39%, l'activité internationale pesant désormais 31,6% du chiffre d'affaires de Groupama SA en année pleine.
En France, le fait marquant est la bonne résistance de l'assurance de personnes, dont le chiffre d'affaires progresse de 2,2% alors que le marché est en recul de 8,7%. "Nous avons gagné des parts de marché", a ainsi indiqué à l'AFP le directeur financier Helman le Pas de Sécheval. L'activité d'assurance dommages progresse pour sa part de 2,1%, contre +2,5% pour l'ensemble du marché français.
Sur le plan financier, Groupama SA a vu son ratio combiné (prestations versées et frais de gestion rapportés aux primes perçues) augmenter légèrement de 97,5% à 98%. Une évolution que Helman le Pas de Sécheval a justifiée par des mises aux normes et des frais de restructuration consécutifs aux acquisitions réalisées par le groupe. Le ratio de solvabilité (capital disponible rapporté au capital requis) est de son côté passé de 277% fin 2007 à 122% fin 2008. Groupama n'a "pas besoin de capital en 2009", a cependant précisé Helman le Pas de Sécheval.
L'assureur table en 2009 sur une croissance de son chiffre d'affaires équivalente à celle de 2008, dont une croissance de 3,5% à périmètre et change constants. L'objectif de Groupama est de figurer parmi les dix premiers assureurs européens en 2012.