Bonus: "Une chance de faire bouger les choses"

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Publié le 2 septembre 2009.

M. Camdessus, chargé de surveiller les rémunérations des traders, espère beaucoup du G20.

Les nouvelles règles qui vont s'appliquer aux bonus des opérateurs de marchés et des banquiers ne sont qu'un premier pas et peut-être le dernier. De l'aveu même du nouveau super gendarme des traders, Michel Camdessus, désigné "tsar des rémunérations" par le président de la République, "sa feuille de route définitive dépendra de ce qui sera dit au G20 de Pittsburgh, le 24 et 25 septembre", a-t-il déclaré, jeudi 26 août dans une interview au journal Le Monde.

"La France va proposer une limitation des bonus. Selon ce qui sera décidé, la France pourra aller plus ou moins loin", a-t-il dit. Selon l'ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI) , "la démarche de la France est audacieuse mais pas irréaliste", soulignant qu'il existe "une chance de faire bouger les choses. Il faut la saisir".

Pas de plafonnement

La France a fait un premier pas mais si elle reste isolée sur la scène internationale, elle ne pourra pas aller plus loin sous peine d'handicaper la place de Paris. Les mesures prises par la Fédération Bancaire Française (FBF) et l'Elysée, lors d'une réunion, mardi 25 août, sont donc encore assez limitées.

Elles vont modifier la nature des bonus et empêcher les plus gros excès mais elles ne plafonnent pas formellement le montant des bonus. C'est un soulagement pour les banquiers qui redoutaient de se voir défavoriser par rapport aux autres grandes places financières en ne pouvant proposer les mêmes gros salaires que la City ou New York. Mais les comportements des traders changeront-ils si les rémunérations sont toujours in fine inchangées?

Pour l'instant donc, seule la forme des bonus change, mais pas leurs montants. Car l'Elysée ne pouvait pas aller trop vite avec les banquiers avant le sommet du G20 des 24 et 25 septembre prochains à Pittsburg qui doit répondre concrètement aux grandes déclarations du dernier G20 de Londres, le 2 avril 2009. Nicolas Sarkozy a voulu préparer le terrain. Il a expliqué dans son discours, mardi 25 août, qu'il entendait définir avec les banquiers "le cadre d’une initiative française dans la perspective du G20 de Pittsburgh. Je ne ménagerai pas mes efforts pour faire émerger sur ce sujet une approche européenne. Je me battrai à Pittsburgh pour que nous amplifiions les engagements pris à Londres".

Les nouvelles règles

Les opérateurs de marchés des institutions financières ont donc encore du répit et peuvent espérer que la montagne accouche d'une souris à Pittsburg. Pour l'instant, ils ont accepté de se faire tirer les oreilles à l'Elysée (pour la 7e fois depuis septembre 2008) et ont convenu de nouvelles règles, qu'il faut néanmoins saluées. La FBF engage, dans son communiqué, les banques à:

- plus de transparence dans leur politique de rémunération qui devra être rendue publique dans leurs comptes annuels;

- limiter les bonus de court terme qui entretiennent la prise de risque à court terme "en étalant plus de la moitié du montant des rémunérations variables sur 3 ans";

- à verser au moins un tiers de cette fraction différée sous forme de titres et non de cash pour éviter que les comportements des traders ne s'opposent pas à ceux des actionnaires;

- à empêcher les bonus systématiques: d'abords les bonus garantis de plus d'un an sont interdits. Ensuite une fraction de la part variable sera aussi susceptible de ne pas être versée (c'est le système de "malus" qu'il faudrait comprendre comme un renoncement au bonus et non une sanction) si "la profitabilité globale réalisée effectivement et collectivement par l’équipe et l’entreprise", n'est pas au rendez-vous, indique la FBF.

Thibaud Vadjoux
Emploi

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